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La réouverture de la frontière terrestre avec la Libye fait l’objet de tractations et de discussions entre les autorités algériennes et libyennes. Fermée depuis mai 2014 à cause de la dégradation de la situation sécuritaire en Libye, cette frontière, qui a de tout temps constitué un lieu de passage et de communication entre les populations touareg des deux pays, est aujourd’hui hermétiquement fermée par l’Algérie afin d’éviter des infiltrations terroristes sur son territoire. Cette obstruction de passage a toutefois été levée sporadiquement pour les Libyens en état de souffrance sanitaire. Depuis l’été 2014, la frontière algérienne a permis, de temps à autre, à des patients libyens, sans qu’une ouverture ne soit décidée, de se faire soigner dans des hôpitaux algériens notamment à Djanet et Ghardaïa. Dans une déclaration faite à l’agence de presse turque Anadolu, Ahmed Mohamed Hima, membre du conseil communal de la ville libyenne de Ghat, frontalière de la région de Tinalkom à Djanet, a affirmé que l’annonce de la réouverture de la frontière sera faite dans les prochains jours. «L’Algérie a décidé d’ouvrir la frontière pour des raisons humanitaires afin de permettre l’acheminement des aides algériennes au profit de la population libyenne de Ghat qui souffre de son isolement du reste de la Libye des suites du conflit entre les tribus Toubous et touareg à Oubari.» Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait chargé, tout récemment, une commission gouvernementale regroupant des diplomates, des militaires et des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, d’examiner les modalités de réouverture de la frontière algéro-libyenne étendue sur près de 1000 km. L’Algérie aura fort à faire afin de trouver le moyen d’allier action humanitaire et gestion du risque sécuritaire. Selon des sources citées par nombre de médias algériens et étrangers, les trois postes-frontières de Debdeb, Tarat et Tin Alkom seront ouverts pour permettre d’abord aux Libyens fuyant les conflits, ceux nécessitant de l’aide, ou bien désirant rendre visite à leurs proches, d’entrer sur le territoire algérien. Mais les Algériens ne seront pas autorisés, jusqu’à nouvel ordre, à se rendre en Libye. Seules les aides humanitaires quitteront le territoire national vers la Libye. Outre l’aspect humanitaire, l’ouverture de la frontière constituerait aussi un gage de la volonté algérienne d’être aux côtés du voisin libyen pour venir à bout de la désastreuse situation sécuritaire et humanitaire dans laquelle il a été engouffré. L’Algérie, qui a initié un cycle de dialogue entre les parties libyennes en vue de trouver une issue politique et pacifique à la crise libyenne, se devait de montrer aussi plus d’ouverture envers des populations libyennes en souffrance. Sans oublier les liens familiaux qui unissent ces mêmes populations du sud-ouest de la Libye aux populations du sud-est de l’Algérie. Restera le souci de la préservation de la frontière algérienne de toute incursion terroriste, auquel l’Algérie devra prendre le soin de répondre efficacement, mais sans heurter la sensibilité de nos voisins. Le drame que vivent les Libyens ne laisse pas indifférentes des familles algériennes comptant des membres de l’autre côté de la frontière.