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Le système de régulation des produits agricoles de large consommation (Syrpalac), lancé en 2008, s’est avéré incapable de mettre un terme à l’anarchie qui règne dans cette filière. Les producteurs de ce tubercule dans la wilaya de Bouira crient leur ras-le-bol. Plusieurs d’entre eux affirment qu’ils n’ont pas trouvé où mettre leur production pour la simple raison que les chambres froides de la région sont pleines. Les chargés du système Syrpalac, d’après les producteurs, ne se sont pas manifestés. «Nous avons fait appel aux chargés de Syrpalac pour prendre notre production, ils nous ont répondu qu’ils n’ont pas de place pour prendre des quantités supplémentaires, mais après la visite du ministre, ils nous ont contacté pour acheter le produit», a déclaré un producteur de pomme de terre de la commune d’El Esnam. «On ne comprend pas comment est gérée cette filière. A chaque fois que la saison est bonne, le problème de stockage se pose et c’est toujours l’agriculteur qui paie le prix fort. L’arrachage de la pomme de terre qui devait se terminer en vingt jours a duré plus d’un mois. Ce qui n’est pas normal», dit-il. Pour le prix avec lequel le tubercule a été cédé cette saison, les producteurs estiment que cela ne les arrange pas. Ainsi, le prix de référence de 23 DA le kilo, fixé par l’Etat, n’est que leurre. «Nous avons vendu notre production à une moyenne de 18 DA le kilo. Même les pouvoirs publics négocient et ne se réfèrent même pas au prix de 23 DA qu’ils ont fixé. Il faut leur faire comprendre qu’à ce prix, nous sommes perdants. Nous demandons à ce qu’il soit fixé à 30 DA le kilo ou plus», souligne le producteur. Des offices pour réguler le marché Pour l’Association des producteurs de la pomme de terre de la wilaya, les seuls maillons de la chaîne qui tirent bénéfice de cette filière, ce sont les spéculateurs. Le producteur et le consommateur, quant à eux, sont lésés. Pour en finir avec cette situation, le président de l’Association, Boudehane Messaoud, semble avoir une solution. «Si l’on veut réellement que notre production envahisse le marché national et même à l’extérieur, il faut créer des offices qui auront la mission d’acquérir la production directement chez le producteur», a-t-il déclaré. Ces offices, d’après M. Boudehane, vont faire barrage aux grossistes qui contrôlent actuellement le marché et imposent leurs lois. «Sans ces offices, le marché de la pomme de terre ne sera jamais régulé», tranche-t-il. Le rendement de la pomme de terre réalisé cette saison varie entre 450 et 500 quintaux à l’hectare. Avec la mise en service prochainement du périmètre irrigué du plateau d’El Esnam, les producteurs de la pomme de terre s’attendent à une amélioration de la production de ce tubercule.