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Gérard Larcher, président du Sénat français, a ponctué hier sa visite de quatre jours en Algérie en animant une conférence de presse dans le salon d’honneur de l’aéroport d’Alger. Les messages qu’il a véhiculés ont été d’une haute teneur politique. Il a abordé plusieurs questions internationales et les convergences de vue sur certains dossiers. C’était aussi l’occasion d’affirmer, puisqu’il y a 16 ans qu’un président du Sénat n’était venu, l’importance de la relation entre les deux Sénats et les deux pays. «Cette visite s’inscrit dans un certain nombre d’objectifs : d’abord établir une véritable coopération parlementaire avec le Conseil de la nation tout en prenant en compte nos différences concernant le mode de fonctionnement. Nous nous fixons un rendez-vous sur un calendrier de travail où la première étape serait la fin du premier semestre 2016. Le premier rendez-vous aura lieu peut-être à Paris.» Il a aussi ajouté : «Nous avons des sujets immédiats : le premier dans lequel les gouvernements algérien et français se sont fortement impliqués est la COP21 : nous avons souhaité donner une dimension parlementaire forte et nous avons un projet de déclaration commune qui est en cours d’examen.» A ses yeux, si la question du climat et de l’environnement est une des questions politiques, ce sont «les Parlements qui auront à voter ou ne pas voter des textes parce que nous représentons les territoires où doivent se produire des efforts de progrès en matière de lutte contre le réchauffement climatique». Second sujet traité : le numérique et une réflexion sur la place et le rôle des chaînes parlementaires où la France a une expérience appréciable. Parmi les autres échanges figurent la question de savoir comment rendre plus fluide la définition de règles, «notamment pour les investissements et les entreprises qui permettent de conforter le redéploiement économique de l’Algérie et la volonté exprimée par le président de la République française est que les entreprises françaises s’engagent dans un esprit de partenariat, on ne fait pas que venir et repartir. Nous avons bien eu le sentiment que nous venons à un moment où la dimension politique entre l’Algérie et la France est forte». Il y a eu également au centre des discussions de grands sujets internationaux de l’heure. «Nous avons longuement parlé de la situation dans l’ensemble de la Méditerranée et en Afrique. Concernant le dossier du Sahel et du Mali, nous avons échangé sur ce que l’Algérie a assuré en juin dernier, notamment dans l’Accord entre le gouvernement malien et les mouvements de l’Azawad. Les Algériens nous ont dit qu’il est indispensable d’avoir une politique de développement et de soutien, et la nécessité d’accompagner concrètement ce pays et cette région, il ne faut pas que les crédits se perdent !» Second sujet : la Libye : «Il faut conforter la négociation sous l’égide des Nations unies en parlant avec tout le monde, avec un agenda clair et unique. Nous avons senti chez nos interlocuteurs, à la fois, beaucoup de réalisme sur la difficulté de rapprocher les points de vue et en même temps qu’il n’y avait pas une autre solution que d’avoir un gouvernement de transition et d’union nationale qui permettrait de reconstruire un Etat, car quand on fait disparaître un Etat, alors il n’y a plus de règle, de rassemblement, il faut refonder les prémices d’un Etat.» La question du soutien à la Tunisie a aussi été évoquée. Il a été rappelé «qu’entre ceux qui s’étaient engagés à soutenir la Tunisie et la réalité des fonds qui ont été jusqu’ici apportés, il y a sans doute quelques utiles rappels à faire». Quant à la Syrie, «les Algériens nous ont rappelé qu’il n’y a qu’une seule et vraie priorité : l’élimination de Daech, et si l’on s’inventait des priorités successives, nous n’arriverons à rien, les raids aériens peuvent ralentir ou affaiblir, ils ne régleront pas la situation». Lors des discussions, il a été question des partenariats économique, culturel, éducatif et la dimension humaine. La France sera l’invitée d’honneur du prochain Salon du livre d’Alger, «Il faut qu’on avance encore plus dans ce secteur», a-t-il dit. Gérard Larcher a rencontré les chefs d’entreprise français qui lui ont exprimé clairement leur volonté de poursuivre et d’amplifier leurs investissements en Algérie (secteurs automobile, électrique, agroalimentaire et services). Sur le plan économique, il y a encore des réglages à faire, mais s’il y a un débat qui divise, c’est celui de la règle des 51/49% surtout quand il s’agit d’amener des sous-traitants. «Je ne suis pas venu échanger des promesses et le Premier ministre Sellal a répondu que rien n’était bloqué et qu’il fallait avancer avec réalisme sur ces sujets. Il y a encore notamment dans l’administration un certain nombre de textes qui doivent libérer les énergies et une certaine lenteur : nous avons clairement compris qu’il fallait redéployer l’économie en dehors de la monoculture de l’énergie, mais il va falloir accélérer les réformes», a-t-il conclu.