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Notre confrère Mohamed Zaâf n’est plus Notre confrère Mohamed Zaâf, du Jeune Indépendant, n’est plus, laissant le collectif du journal orphelin. Son cœur s’est arrêté de battre, hier, alors qu’il se rendait à la rédaction de son journal en milieu de journée. Pris d’un malaise à quelques mètres de la maison de la presse Tahar Djaout, il a été évacué en urgence vers l’hôpital Mustapha où il décède juste après. Le personnel du Jeune Indépendant était hier sous le choc. Confrères et consœurs étaient bouleversés par cette disparition. «Il n’a jamais été aussi rayonnant qu’hier (lundi). Je suis très affecté par sa disparition. Il était discret et affectueux. Les jeunes confrères aimaient le taquiner ; malgré la différence d’âge, il prenait du plaisir à converser avec eux. Il va nous manquer terriblement», témoigne le journaliste Ahmed Kessi. «Il était un père pour nous, un journaliste de conviction et digne», dit Tania, très affectée, elle aussi. Elle a travaillé à ses côtés pendant une dizaine d’années. Mohamed Zaâf a été très affecté par la disparition de Abdelhamid Mehri ; le destin a voulu qu’il décède le jour de son enterrement. «Il s’est senti mal en apprenant la disparition de Mehri. Un homme qu’il respectait beaucoup», soulignent nos confrères. Agé de 64 ans, le défunt avait rejoint la rédaction du Jeune Indépendant en tant que chroniqueur vers la fin des années 1990, après un parcours en tant qu’agencier à l’AFP, à l’agence italienne Ansa et l’agence espagnole EFE. Enfant de La Casbah, Mohamed Zaâf n’a pas eu que des moments heureux dans sa carrière de journaliste. Les tumultes des années 1990 l’ont beaucoup marqué. Curieusement, il s’était retrouvé accusé de «soutien aux terroristes» ; il a passé deux années en prison (1994-1996). Après un attentat contre un policier à la Basse-Casbah, il a été accusé de «connaître les auteurs de l’attentat», alors qu’il était correspondant de l’agence espagnole EFE. A sa sortie de prison, il reprend son métier de journaliste. Très sensible aux questions qui agitent le pays et la région, il était catalogué, à tort ou à raison, d’«islamo-réconciliateur». Mais une question le rongeait plus que toutes les autres : l’indépendance du Sahara occidental. Intransigeant, il estimait «nécessaire de parler du conflit sahraoui en permanence». Le hasard a fait que sa dernière chronique, qu’il a signée «Dites-le avec… la zerouata» était consacrée à cette question. Mohamed Zaâf sera inhumé aujourd’hui au cimetière d’El Kettar après la prière du dohr. La levée du corps se fera à partir du domicile familial sis 6, rue de l’Intendance, Basse-Casbah, à proximité de l’ancienne daïra de Bab El Oued.                ...