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C’est à Collo, petit village de l’Est algérien, qu’est né Abderrezak Bouhara, quatrième d’une famille de neuf enfants, avec comme parents Bouhara Ahmed et Haddad Zohra. Pour connaître Abderrezak, il faut remonter à son enfance. Ne dit-on pas que notre personnalité commence à se forger dès l’âge de six ans ? Nos parents, malgré des difficultés financières, ont offert à leurs enfants une enfance des plus heureuses et c’est au milieu de ses frères et sœurs que Abderrezak s’est forgé un caractère de boute-en-train et une sociabilité à toute épreuve. Il est vrai qu’il s’identifiait beaucoup à son aîné Abdelmadjid, qui lui a certainement montré le chemin à suivre. Il ne faut pas occulter le rôle du père et de la mère qui se sont sacrifiés de dures années pour que leurs enfants puissent se consacrer à leurs études. Notre père l’avait inscrit au scoutisme et c’est là qu’il a appris ce qu’était le militantisme, qu’il a parfaitement développé au collège moderne de Constantine auprès de ses camarades venus des différents villages et villes de la région Est. D’abord, il y a le père et la mère qui ont accordé la priorité à leurs enfants en se sacrifiant pour qu’ils ne manquent de rien. Notre père a toujours encouragé ses enfants à étudier puisque lui-même n’avait pas été à l’école, contrairement à son frère Mohamed qui, lui, avait décroché le certificat d’études. Il disait : «Ma vrai richesse est d’avoir des enfants diplômés.» C’est en s’endettant qu’il a pu envoyer Abdelmadjid à Constantine et ce dernier ne le décevra pas en réussissant le concours de l’Ecole normale. Abderrezak le suivra suite à son inscription au collège moderne. Mohamed Rochdi, après son BEPC, sera inscrit au lycée Luciani de Skikda (actuellement lycée Larbi Tebessi) et moi-même après mon BEPC en 1962 j’ai suivi le même chemin. Notre frère aîné Abdelmalek a fait une formation d’opérateur radio (morse) durant son service militaire et n’a pas eu la possibilité de faire des études très poussées par esprit de sacrifice, pour aider financièrement notre père. Les filles, quatre au total, ont suivi des études dans le primaire à l’exception de Leïla, la plus jeune, que mon père a inscrite au lycée à Constantine ; mais après deux années, il a été obligé de la ramener à Collo à cause des événements liés à la Révolution. Je n’oublierai pas l’apport de ta femme qui, durant toutes ces années de responsabilité, a été un soutien pour toi en prenant en charge la gestion du foyer et l’éducation des enfants pour que tu puisses assumer tâches importantes auxquelles tu consacrais la majorité de ton temps. Je n’oublierai pas ton attitude digne, lors du décès de tes enfants Samira et Karima, lors des inondations de Bab El Oued. Tu disais : «J’ai enterré des dizaines de camarades de combat et aujourd’hui j’enterre mes enfants.» Je n’oublierai pas le soutien de tes frères et sœurs. Aala Eddine, c’est à toi maintenant de prendre en charge le flambeau que t’a légué ton père. Abderrezak, je me permets d’associer à ton hommage nos frères Abdelmadjid décédé le 30 août 1987 et Abdelmalek décédé le 26 octobre 2010 ainsi que tes filles Samira et Karima victimes des inondations de Bab El Oued en vous disant «Allah Yarhmkoum et vous resterez toujours dans nos cœurs.» «A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.»