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Médecin spécialiste en psychiatrie et ancien membre de l’Assemblée nationale, Mahmoud Boudarène estime que des assises nationales de la santé ne sont pas nécessaires. -Des Assises nationales de la santé se tiennent à Alger. Comment voyez-vous les objectifs de ce rendez-vous ? Je pense qu’il est difficile de parler et de s’entendre sur une question sensible comme la santé avec 1200 personnes qui prennent part aux assises de la santé. Le sujet est vraiment important. On se demande, d’ailleurs, si l’on peut l’aborder avec beaucoup de sérieux avec un tel nombre. Ceci dit, s’il y a la volonté des pouvoirs publics de venir au chevet d’un système de santé moribond, cela pourrait être une bonne chose. Mais est-ce que les bonnes questions seront posées lors de cette rencontre, lorsque l’on sait que le problème de notre système de santé est politique ? Va-t-on continuer à faire de la médecine gratuite sans lui donner les moyens ? -Quel bilan faites-vous du secteur de la santé en Algérie ? Aujourd’hui, la médecine n’est pas gratuite en Algérie surtout pour le simple citoyen. Si le malade a besoin d’un scanner, il doit le faire à l’extérieur de l’hôpital ; même chose pour les analyses médicales. La nourriture et le linge des patients sont souvent ramenés par leurs familles. Donc on ne doit pas parler de la gratuité des soins qui n’existe réellement pas car l’Etat n’assume plus les dépenses de santé. Et si on veut chercher des financements, il faut jouer son rôle à la sécurité sociale.  Les problèmes sont connus et les solutions aussi. Donc les assises ne sont pas nécessaires. Mais dans notre pays, quand il y a des problèmes, on procède à la création de commissions et d’assises pour dire qu’on est en train de travailler. C’est de la fuite en avant. Depuis l’inflation brutale en 1987, il n’y a que le coût de la santé qui n’a pas été réévalué. Il existe un décalage avec l’environnement économique national. Par exemple, on constate que les pouvoirs publics ne veulent pas réévaluer la nuit d’hospitalisation qui est fixée à 100 DA. C’est incohérent. Un danger guette la Sécurité sociale. Les pouvoirs publics n’ont pas anticipé les choses depuis la fin des années 1980. La situation est devenue gravissime. -Que préconisez-vous justement, en tant que praticien, pour remédier à la situation alarmante que traverse le secteur de la santé dans notre pays ? La solution pour remédier à cette situation alarmante est dans la réévaluation du coût de la santé. Il faut souligner que notre système de santé ignore ce qui est prévention. D’ailleurs, pour ce qui du tabac, entre autres, le pays a tout un arsenal pour lutter contre, mais aucun plan de prévention n’a été mis en place dans ce sens. Il en est de même pour les maladies cardiovasculaires. Les médecins n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme sur cette situation qui se dégrade considérablement. Les solutions sont connues. Il faut aussi une véritable politique de transplantation d’organes qui est moins coûteuse que la dialyse. Je suis sceptique, je ne pense pas que les assises nationales de la santé puissent servir à quelque chose.