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Les enseignants et les travailleurs de l’Ecole des hautes études de commerce (EHEC), de l’Ecole nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSSEA) et celle du commerce (ESC) ont déposé hier un préavis de grève pour protester contre la délocalisation de leurs établissements vers Koléa (Tipasa). «Après avoir épuisé toutes les voies de règlement de la question liée à la délocalisation de nos écoles vers le site de Koléa, nous avons le regret de déposer auprès de vos services, conformément à la loi en vigueur, un préavis de grève, à partir du premier jour de la rentrée universitaire 2014-2015, sous réserve de la mise en œuvre, avant cette date, d’une solution satisfaisante», écrit le collectif des travailleurs de ces écoles dans une missive adressée au ministère de l’Enseignement supérieur. Les enseignants de ces établissements réclament, auprès de leur tutelle, l’ouverture de «véritables négociations» en vue de la prise en charge de leur revendication, portant essentiellement sur «le maintien dans les conditions actuelles de nos écoles sur leurs sites habituels». Ce sont ainsi près de 2500 personnes entre étudiants, enseignants et travailleurs de ces établissements qui risquent de se retrouver à la rue à partir de septembre. Pour un professeur à l’Ecole supérieure de commerce de Tafourah, «la décision de délocalisation de ces écoles vers Tipasa est un acte de décès des pôles d’excellence. Nous sommes convaincus que c’est l’année du décès de l’ESC». Abdelkader Gliz, contacté par nos soins, estime que cette délocalisation portera un coup dur aux travailleurs sur les plans social et économique. «Notre crainte est la baisse de la qualité de l’enseignement, vu que la majorité des professeurs spécifiques ne pourront pas venir jusqu’à Koléa», a-t-il mis en garde. Pour lui, «la perte de ce personnel enseignant professionnel va avoir un impact négatif sur la qualité de l’enseignement». Cet enseignant avance, entre autres conséquences de cette délocalisation, «la perte de certaines formations comme la formation continue et la post-graduation. Et puis, c’est un bouleversement de notre vie familiale». Les protestataires s’opposent à cette délocalisation du fait aussi «des problèmes d’insécurité sur le site de Koléa». La présidente de la section syndicale de l’ENSSEA, Souak Fatma-Zohra, abonde dans le même sens en estimant que «c’est une décision irrationnelle». «La délocalisation des grandes écoles est en contradiction avec l’objectif d’avoir un environnement propice à la recherche et aux stages pratiques nécessaires à la formation», avait-elle indiqué lors d’un sit-in que les travailleurs de cette école avaient organisé, en juillet dernier, devant le ministère de l’Enseignement supérieur. Tout comme le professeur de l’ESC, l’enseignante à l’ENSSEA estime que «le changement de la wilaya d’Alger vers celle de Tipasa générera de nombreux problèmes socioéconomiques pour tout le personnel». «Je ne sais pas pourquoi ils veulent nous faire signer l’acte de décès de nos écoles», s’interroge Abdelkader Gliz, qui dénonce par ailleurs «le détournement du projet de la nouvelle école du commerce au profit de l’université Alger III».