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Promesses d’investissement, démocratisation et lutte contre le terrorisme : le sommet USA-Afrique a tout d’un conte de fée. Pourtant, derrière le discours flatteur et les promesses d’un avenir meilleur pour un continent qui n’arrête pas de compter ses malheurs, le tableau est très peu élogieux. Si pour le commun des citoyens africains, les annonces américaines sont source d’espérance, les diplomates, eux, sont plutôt méfiants. «Les promesses d’investissement, qui se chiffrent en milliards de dollars, ne sont que des effets d’annonce. Car aux Etats-Unis, ce sont les entreprises privées qui investissent. Or, les investissements sont souvent soumis à différents critères, donc volatiles», explique un diplomate algérien connaisseur de l’Afrique. Notre interlocuteur ajoute que l’essentiel de ces investissements sera effectué dans des domaines précis, principalement dans l’énergie. En plus des hydrocarbures qui attirent le gros des investissements américains, les besoins du continent noir en électricité sont également énormes. «Près de 1,6 milliard d’habitants de la planète n’ont pas accès à l’électricité. 2,5 milliards d’individus ne disposent pas de moyens modernes de cuisine. Le gros de ces populations se trouve en Afrique, qui est très en retard dans ces domaines. Cela constitue donc une grands opportunité pour les entreprises américaines», explique le diplomate. C’est dans ce sillage d’ailleurs que l’américaine General Electric a raflé beaucoup de contrats en Algérie. Même concernant l’Algérie, seul le secteur de l’énergie peut intéresser les entreprises américaines. Pourquoi ? Notre diplomate explique que «le marché américain lui-même est énorme», ce qui laisse peu de place aux investissements extérieurs. Ayant abandonné depuis longtemps la politique d’aide au développement, les Etats-Unis partent en Afrique pour des conquêtes plus politiques. «Les Américains veulent contenir les Chinois avec qui ils sont en concurrence en Asie. Mais contrairement aux Chinois, les Américains ne mettent pas le prix», indique encore notre source. Selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, tandis que les échanges entre les USA et l’Afrique ont doublé, ceux de la Chine et du continent noir ont été multipliés par 20. Pour rattraper ce retard, les Américains veulent tenter leur chance dans un continent qui réalise, de manière constante, un taux de croissance de plus de 5% sans une forte couverture énergétique. Pour impressionner ses nouveaux interlocuteurs, l’Administration américaine joue sur les symboles. Elle fait pression sur le respect de la bonne gouvernance, l’adoption des normes démocratiques et le respect des droits de l’homme dans le continent africain. Mais ce qui fait courir le plus les Américains, selon le diplomate, est la constitution d’un front de lutte contre le terrorisme. Une manière de contourner le manque d’investissements et de s’adapter à la nouvelle devise américaine : «Trade, not aid» (du commerce, point d’aide).