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Il y a des baâeche (insectes) ici, pas de Daech», tempête Azeddine, un quadragénaire de Taouarga, localité située à l’extrême est de la wilaya de Boumerdès. Eleveur de son métier, Azeddine dit n’avoir jamais croisé de groupes armés, y compris durant les pires années du terrorisme. Pourtant, la région est réputée comme un important fief des adeptes du djihad. Mais la situation sécuritaire s’y est nettement améliorée ces trois dernières années. «Il n’y a que les barrages militaires qui nous rappellent les tristes souvenirs et que la guerre contre l’hydre islamiste est loin d’être gagnée», explique Azeddine. En effet, aucun signe qui laisse craindre le pire n’est perceptible dans les localités de la région. Enclencher une opération de ratissage n’équivaut guère à la présence d’une menace dans les environs. Il y a quelques années, ce sont les maquis de la wilaya de Boumerdès qui constituaient la base arrière des groupes terroristes. «A l’époque, 80% des effectifs de l’ex-GSPC étaient originaires des localités de l’est de la wilaya, à l’instar de Zemmouri, Si Mustapha, Legata, Baghlia, Dellys, Ouled Aïssa, Benchoud…. Aujourd’hui il n’en reste qu’une trentaine dont la moitié s’est rallié à Jund Al Khilafah, un groupuscule qui a prêté allégeance à Daech», précise une source sécuritaire. L’effet Gourdel Mais le kidnapping suivi d’exécution du touriste français Hervé Gourdel risque de tout chambouler au sein de l’organisation terroriste. Certains observateurs n’écartent pas la possibilité d’assister à des déchirures et des conflits entre djihadistes, comme ce fut le cas au milieu des années 1990. En effet, on se demande si les auteurs du racket de certains commerçants de Chabet El Ameur, suivi d’une incursion et d’un violent accrochage au village de Bouchakour (Issers) font partie d’AQMI ou de la branche de l’EIIL en Algérie. Ces exactions auraient été commises, selon de sources concordantes, pour renflouer les caisses des djihadistes et financier d’éventuelles attentats. Cela surtout lorsqu’on sait que l’argent reste encore le nerf de la guerre et l’objectif de toute organisation criminelle. Les groupes armés s’en prennent même aux fellahs, notamment les viticulteurs dont ils exigent la dîme pour financier les réseaux de soutien et attirer de nouvelles recrues. Ce phénomène, qui s’était estompé depuis deux ans, aurait repris après la naissance de Jund Al Khilafah.