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Le leader de Jil Jadid, Soufiane Djilali, est revenu hier à la charge pour dénoncer le parti pris de l’administration et les tentatives du pouvoir de museler l’opposition. Hier encore, le parti dirigé par Soufiane Djilali n’a pas été autorisé à tenir sa conférence-débat autour de l’économie algérienne, prévue à la salle Zinet de Riadh El Fath, comme il a été empêché d’animer une réunion avec ses militants à Zéralda. «Nous avons déposé des demandes d’autorisation auprès des concernés mais l’administration a répondu par un niet. Le pouvoir veut étouffer toute voix contradictoire», fulmine le président de ce parti, persuadé que le pays est livré à lui-même. Le parti Jil Jadid s’inquiète de la dégradation continue de la situation politique du pays et les militants l’ont exprimé ce vendredi, lors de la tenue du conseil national du parti. Pour cette formation, la manifestation de rue, première du genre, des policiers est une preuve que «l’anarchie a atteint toutes les institutions de l’Etat, dont les corps constitués». C’est aussi une preuve, pour ce parti de l’opposition, que «le Président laisse à l’abandon le pays et conduit l’Etat à l’effondrement et au démembrement». Il ne reste au président de la République, selon M. Djilali, que de partir, soit en présentant sa démission, soit en appliquant l’article 88 de la Constitution relatif à la vacance du poste de Président pour des raisons de santé. «La concentration de tous les pouvoirs entre les mains de Bouteflika mènera le pays, inévitablement, vers plus de contradictions et surtout vers une impasse. Partez M. Bouteflika», demande M. Djilali. L’heure est grave, note notre interlocuteur en se référant notamment au verrouillage flagrant des champs des libertés et d’expression et le refus de délivrer des agréments aux partis politiques. Le contexte actuel connaît, relève Soufiane Djilali, une dégradation du climat des libertés et l’accentuation du harcèlement de la presse, qui permet encore aux voix discordantes de s’exprimer. Outre l’utilisation de moyens de pression, comme le fisc et la publicité, Jil Jadid dénonce l’installation de la personne de Miloud Chorfi à la tête de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel. Pour le patron de ce parti, une telle nomination signifie la poursuite des pressions sur les médias lourds pour les empêcher d’effectuer leur travail et faire entendre les voix des opprimés. Ces pressions multiformes font partie, selon Jil Jadid, de la première étape du processus visant la mise en place d’une dynastie au pouvoir en portant ainsi atteinte au caractère républicain de l’Etat algérien. «Le pouvoir veut casser les grands journaux et, en parallèle, il manipulera les chaînes de télévision qui sont à sa solde pour faire passer son discours.» Pour ce faire, Jil Jadid affirme que le pouvoir en place multiplie les entraves à toute activité politique libre et essaye par tous les moyens de réduire les espaces de liberté. Le parti de Soufiane Djilali craint que ces dérives autoritaires nous renvoient à la décennie noire d’où son insistance sur le départ de Bouteflika et la mise en place du projet de transition démocratique, ultime alternative pour sauver le pays, de l’avis de M. Djilali, de l’effondrement.