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Au lendemain du départ d’Algérie du juge français Marc Trévidic, un juge algérien a pris, dimanche, l’avion à destination de Paris pour enquêter à son tour sur l’affaire de l’assassinat des moines de Tibhirine de l’autre côté de la Méditerranée. La dépêche de l’AFP qui annonce ce départ souligne, en citant une source proche du dossier, que «le juge algérien du pôle spécialisé dans les affaires de terrorisme et le crime organisé était accompagné de deux collaborateurs et doit entamer son travail aujourd’hui». Le nom du juge reste quant à lui secret, tout comme ce dossier qu’on épluche 18 ans après le déroulement des faits. Si la venue à Alger de Marc Trévidic a bénéficié d’une large médiatisation, son séjour et son départ ont par contre été entourés de discrétion. L’opinion publique a été informée de sa présence à l’exhumation des têtes des moines durant son séjour, mais sans aucune autre précision. A quelle conclusion les juges et experts français et algériens sont-ils parvenus ? Les sources d’information se tarissent pendant que l’instruction suit son cours. Si les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux étaient accompagnés, durant leur séjour discret en Algérie, par des experts en génétique et en radiologie afin de s’assurer de l’identité des crânes inhumés et déterminer si des impacts de balle ou des indices de décapitation post mortem sont révélés, le séjour parisien du juge algérien sera consacré, quant à lui, à l’audition de deux anciens responsables des services secrets français. Il s’agira d’interroger Pierre Le Doaré, ancien chef d’antenne de la DGSE à Alger au moment des faits, c’est-à-dire en 1996, ainsi que Jean-Charles Marchiani, ancien officier de ce service, qui avait été chargé de négocier une rançon auprès du Groupe islamique armé (GIA). Ce groupe, dirigé par Djamel Zitouni, avait revendiqué le 21 mai 1996 l’assassinat des moines, deux mois après leur enlèvement. Marchiani, auditionné par le juge français Marc Trévidic en 2002, avait affirmé que le président Jacques Chirac l’avait mandaté «pour négocier une rançon auprès du GIA, avant qu’Alain Juppé, alors Premier ministre, ne mette fin à cette opération». Ce qui, selon Marchiani, avait «signé l’arrêt de mort des moines». Pierre Le Doaré aura aussi à répondre aux questions du juge algérien sur le fait d’avoir reçu l’émissaire du GIA à l’ambassade de France muni d’un enregistrement audio des moines. Le juge antiterroriste français Marc Trévidic avait lui aussi demandé à auditionner des témoins algériens sur cette affaire, mais il a essuyé un refus de la part des autorités algériennes, qui ont proposé de faire-elles mêmes les interrogatoires et de transmettre les procès-verbaux aux juges français. Les témoins concernés par la demande française sont au nombre d’une vingtaine, dont les présumés geôliers des moines trappistes, des repentis, ainsi que Amari Saïfi alias Abderrezak El Para.