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Béji Caïd Essebsi et Nidaa Tounes sont parvenus à détrôner Rached Ghannouchi et le parti islamiste Ennahdha de l’avant-garde du paysage politique en Tunisie, lors des élections législatives d’avant-hier, remportées haut la main par le parti de Béji, qui a obtenu autour de 85 sièges, alors qu’Ennahdha ne parviendrait pas à dépasser les 70 élus, selon les résultats partiels annoncés hier par l’Instance de surveillance des élections (ISIE). Tunis De notre correspondant Les élections législatives du 26 octobre ont consacré la bipolarisation, déjà annoncée, de la scène politique, entre les sociaux-démocrates de Nidaa Tounes et les islamistes d’Ennahdha, qui ont obtenu, à eux seuls, les trois-quarts des 217 sièges du nouveau Parlement. Le parti de Béji Caïd Essebsi dépasse toutefois celui de Rached Ghannouchi d’une quinzaine de sièges au moins. L’Union populaire libre du milliardaire Slim Riahi est troisième avec 17 sièges, alors que le Front populaire de la figure emblématique de l’opposition, Hamma Hammami, arrive en 4e position avec 12 sièges. Le parti des cols blancs, Afek Tounes, création de l’après-Ben Ali, arrive en cinquième place avec neuf sièges, alors que les autres partis n’ont obtenu que des miettes. Parmi ces partis, ignorés par les électeurs, il y a le Congrès pour la République du président Moncef Marzouki, Ettakattol du président de l’Assemblée nationale constituante, Tayar Al Mahabba de Hachemi Hamedi, Mustapha Ben Jaâfar et le parti Al Joumhouri de l’opposant Ahmed Néjib Chebbi. Ces quatre partis, dont les présidents sont candidats aux élections présidentielles, ont obtenu moins de 2% des suffrages et très peu de sièges. C’est dire l’étendue des dégâts causés par ce scrutin. Fin d’un règne En conséquence des résultats médiocres de Tayar Al Mahabba, Hachemi Hamedi a annoncé, depuis Londres, le retrait de sa candidature aux présidentielles. Chebbi, Marzouki et Ben Jaâfar en feront-ils de même ? Alors que les islamistes croyaient prendre le pouvoir pour une longue échéance, le premier examen électoral leur a été fatal. Pourtant, leur concurrent, Nidaa Tounes, ne s’est pas présenté dans son meilleur élément. En effet, il s’agit d’un nouveau parti, dont la cohésion est encore faible en raison de la multitude de ses composantes. Béji Caïd Essebsi a réuni des adeptes de Bourguiba, des syndicalistes, des gauchistes et des indépendants au sein de ce mouvement. Le choix des listes électorales a créé des tensions au sein de cette formation et plusieurs observateurs ont suspecté une implosion prochaine. C’était sans compter sur la capacité de BCE à souder son parti autour de sa personnalité et ses slogans d’attachement à la patrie, son drapeau et ses institutions. Nidaa Tounes a fait du rétablissement de la sécurité et de l’autorité de l’Etat son cheval de bataille, dans une Tunisie où les citoyens ont soif de stabilité. En face, Ennahdha perdait continuellement de sa notoriété en raison des échecs enregistrés pendant la gouvernance de la troïka. L’islam politique n’est pas parvenu à satisfaire les attentes des citoyens qui ont dégagé Ben Ali pour l’obtention de meilleures conditions de subsistance, notamment dans l’arrière-pays. En face, Béji Caïd Essebsi se réclame de l’héritage de Bourguiba, le père fondateur de l’Etat tunisien. Entre Ghannouchi qui demande une nouvelle chance, et Bourguiba qui a fait ses preuves, les Tunisiens ont choisi. L’avenir ne se présente toutefois pas sous les meilleurs auspices pour Nidaa Tounes. La situation socioéconomique est très difficile.  
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