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Premier pays étranger à s’impliquer dans le processus démocratique en Tunisie, l’Algérie a été également le premier pays à avoir réagi au déroulement des élections chez son voisin de l’Est. Dans un communiqué signé par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benal-Cherif, l’Algérie «se réjouit du bon déroulement des élections législatives en Tunisie et du climat de sérénité et d’apaisement qui les a caractérisées». Elle «tient à féliciter le peuple et le gouvernement tunisiens pour la bonne tenue de ce scrutin qui constitue une étape décisive dans le processus de consolidation des institutions démocratiques et de l’Etat de droit», ajoute encore le document qui précise que «ce nouveau succès n’aurait pu se réaliser sans la sagesse, la clairvoyance et la persévérance de toutes les forces politiques en présence». Cette réaction algérienne n’est pas fortuite. Frileuse dès qu’il s’agit de se «mêler» de la politique intérieure d’un pays voisin, l’Algérie a fini par mettre son nez dans le processus démocratique en cours en Tunisie. Sans s’ingérer directement dans la cuisine interne qui se préparait à Tunis, Alger a tenté de rapprocher les positions des partis politiques, largement séparés sur le plan idéologique. Ainsi, Abdelaziz Bouteflika est sorti plusieurs fois de sa convalescence pour recevoir, séparément, Rached Ghennouchi, leader du parti islamiste Ennahdha et Béji Caïd Essebsi, chef de Nidaa Tounes et ancien Premier ministre. Après chacune des audiences, les responsables tunisiens évoquent des visites de «courtoisie». Et en l’absence quasi-totale d’une communication officielle en Algérie, c’est de Tunis que sortaient des bribes d’informations sur ces conciliabules qui se tenaient en secret. On y apprend, entre autres, que ces rencontres ne sont pas que protocolaires. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a fini, lui aussi, par avouer que «l’Algérie aide» les Tunisiens dans leur quête d’une solution politique à la crise qui secouait leur pays. Mais, insiste-t-il, «c’est aux Tunisiens de trouver une solution à leur pays». Cette neutralité algérienne a pourtant failli être mise à mal. En septembre, Abdelaziz Bouteflika reçoit, seul, Rached Ghennouchi. Ce dernier affirme que l’entrevue n’a rien de politique. «La rencontre est programmée depuis longtemps. Je suis juste venu féliciter le Président pour sa réélection», déclare le chef islamiste à la presse. Mais à quelques jours du scrutin législatif de dimanche, Caïd Essebsi a exprimé ses réserves. «L’Algérie ne doit pas favoriser un parti par rapport à un autre», a-t-il dit dans une interview accordée au journal algérien El Khabar. Message entendu ? «L’Algérie s’engage (…) à continuer à apporter son plein soutien à la Tunisie soeur, décidément engagée sur la voie de la stabilité et de la prospérité», a déclaré, hier, Benali-Cherif, dans ce qui semble être une réponse aux inquiétudes d’une partie de la classe politique tunisienne.  
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