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2015 en France, deux attentats et tout change... ou presque Alors que 2015 touche à sa fin, il est l’heure de faire le bilan. RT France passe en revue une année marquée par deux attentats sanglants qui ont laissé une société plus que jamais divisée.  
Les 7, 8 et 9 janvier, la France vit au rythme de la folie meurtrière des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly. La rédaction du journal Charlie Hebdo ainsi qu’un supermarché juif sont pris pour cible. Dix-sept personnes perdent la vie et l’Hexagone se réveille avaec une gueule de bois. Le terrorisme a frappé en plein coeur de la capitale. Dix mois plus tard, l’horreur franchit un nouveau seuil. Six attaques simultanées se déroulent à Paris au soir du 13 novembre. 130 personnes sont assassinées. Ces deux événements terribles ont eu des répercussions monumentales sur la société, comme sur la politique. Liberté d’expression, sécurité, politique migratoire, diplomatie. RT France vous aide à comprendre l’impact des attentats sur la République et les décisions de ses dirigeants.

Liberté de se taire ?

A-t-on le droit de tout dire ? Peut-on rire de tout ? Y a-t-il des limites à la liberté d’expression ? Les attentats ont remis ces questions au centre du débat politique. Au lendemain de la tuerie de Charlie Hebdo, le président Hollande rappelait que «la France avait des principes, des valeurs» et que «ces valeurs, c’était notamment la liberté d’expression».
Connu pour ses caricatures provocantes, l'hebdomadaire satyrique est devenu, à la suite des attaques, le symbole du droit de s’exprimer librement pour des millions de citoyens. Lors de la manifestation du 11 janvier qui a réuni 3,7 millions de personnes, de nombreuses pancartes rappelaient bien le nouveau statut du journal. Mais très vite, plusieurs d’observateurs ont crié à l’hypocrisie.
Un journal devenu symbole de la liberté d'expression pour des millions de citoyens français. © Capture d'écran du site : www.ouest-france.fr Un journal devenu symbole de la liberté d'expression pour des millions de citoyens français.  

Le cas Dieudonné

L’humoriste Dieudonné, qui a participé à la marche du 11 janvier, s’est fendu le soir même d’un message sur Facebook. Un texte qu’il concluait par : «Je me sens Charlie Coulibaly.» Immédiatement dans le viseur de la justice, il a été condamné à deux mois de prison avec sursis pour «apologie d’actes de terrorisme».
Le fameux message, objet de la polémique. © Capture d'écran du site : www.nouvelobs.com Le fameux message, objet de la polémique. Il s’était expliqué sur la signification de ce texte : «Depuis un an, je suis traité comme l'ennemi public numéro 1, alors que je ne cherche qu'à faire rire, et à faire rire de la mort, puisque la mort, elle, se rit bien de nous, comme Charlie le sait hélas. Dès que je m'exprime, on ne cherche pas à me comprendre, on ne veut pas m'écouter. On cherche un prétexte pour m'interdire. On me considère comme un Amedy Coulibaly alors que je ne suis pas différent de Charlie.»
Dieudonné Mbala Mbala © RT Source: RT Dieudonné Mbala Mbala  
Une liberté d’expression à deux vitesses ? C’est ce qu’une partie de la société pense. Charlie Hebdo aurait le droit de dessiner le prophète Mahomet nu, les fesses en l’air dans une position suggestive et un humoriste serait condamné pour un message provocateur ? Le président lui même a dû s’en expliquer devant des lycéens dans une émission diffusée sur Canal + en avril dernier. Il a fait une distinction nette entre «la liberté d’expression» et «l’incitation à la haine», peinant à convaincre son jeune auditoire.
 
Ce débat du «deux poids, deux mesures», la journaliste Caroline Fourest y est souvent confrontée. Profondément anti-Dieudonné et pro-Charlie, elle fait la différence entre un hebdomadaire «qui n’est pas raciste» et un humoriste qui le serait.
Auteur: Que nenni
 
Ce n’est pas l’avis d’Olivier Cyran, ancien collaborateur de Charlie Hebdo. Dans une lettre ouverte adressée à Charb, le rédacteur en chef de l'hebdomadaire qui a péri lors de l'attentat, il affirmait que la ligne éditoriale avait pris un tournant anti-musulman au lendemain du 11 septembre : «Raciste, Charlie Hebdo ne l’était assurément pas du temps où j’y ai travaillé. En tout cas, l’idée qu’un jour le canard s’exposerait à pareil soupçon ne m’a jamais effleuré. A peine avais-je pris mes cliques et mes claques, lassé par la conduite despotique et l’affairisme ascensionnel du patron, que les tours jumelles s’effondrèrent et que Caroline Fourest débarqua dans votre rédaction. Cette double catastrophe mit en branle un processus de reformatage idéologique qui allait faire fuir vos anciens lecteurs».
 
Olivier Cyran accuse notamment Charb. Il cite l’exemple d’une caricature montrant «un arabe à grosse moustache en arrêt devant une prostituée», avant qu’un prédicateur le sermonne : «Mon frère ! Tu vas pas payer 40 euros une passe alors que pour le même prix tu peux acheter une épouse !»
«Dans les années trente, le même gag avec des juifs à la place des musulmans aurait fait un tabac, sauf qu’à l’époque son auteur n’aurait sans doute pas eu l’idée de venir brandir un brevet d’antiracisme», analyse Olivier Cyran.
L'ex de Charlie Hebdo balance. © RT Source: RT L'ex de Charlie Hebdo balance.  

Michel Onfray claque la porte médiatique

Plus largement, les attentats ont accru encore un peu plus le gouffre existant entre ce que l’on pourrait qualifier de «bien-pensance» et un désir toujours plus grand pour la liberté de ton. Le philosophe Michel Onfray est l'un de ceux qui a fait les frais de l’animosité d’une partie des médias et des politiques cette année. Marqué à gauche, il s’est attiré bien des critiques par ses prises de positions. Alors qu’une large partie de la France était «Charlie» en janvier dernier, Michel Onfray prenait déjà le contre-pied, critiquant une surenchère émotionnelle qui aurait pris le pas sur l’analyse concrète. Cette pensée lui a valu une passe d’armes avec Léa Salamé sur le plateau de Laurent Ruquier. La journaliste lui reprochant son manque de compassion.
Attaquant Pierre Bergé sur sa comparaison entre ouvriers et mères porteuses, s’en prenant à la théorie du genre, à la politique étrangère de la France ou encore aux médias, Michel Onfray s’est aliéné bien du monde en 2015. Même à gauche. Le journal Libération a décidé de lui faire la guerre. Le directeur de la rédaction, Laurent Joffrin, écrivait le 15 septembre : «Michel Onfray file un mauvais coton». Le quotidien consacrait même sa une et ses quatre premières pages au philosophe.
 
Cette animosité a eu raison de sa présence médiatique. Alors qu’il devait sortir un livre intitulé Penser l’islam en janvier 2016, Michel Onfray a décidé de reporter sa publication, arguant qu’«aucun débat serein n’est plus possible en France au sujet de l’islam dans le contexte actuel».
 
Il a également fermé son compte Twitter et assuré se mettre à la diète médiatique. En d’autres mots, le Normand ne parlera plus à la presse, évoquant un climat délétère. Un comble pour celui qui déclarait : «La liberté, c'est la liberté pour tout le monde. Tolérer le tolérable, c'est facile. Ce qu'il faut, c'est tolérer l'intolérable. Pourquoi Nicolas Bedos a-t-il le droit de comparer Marine Le Pen à une facho sans qu'il ne se passe rien alors que Taubira en singe, on va en prison?»
Michel Onfray pour la liberté d'expression totale. © RT Source: RT Michel Onfray pour la liberté d'expression totale. Vous l'aurez compris, ne pas être Charlie semble devenir compliqué en France. Après tout, la journaliste Nathalie Saint-Criq déclarait en janvier dernier sur France 2 qu’il fallait «repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie». Comme s’ils étaient malades en quelque sorte…
Auteur: LeJournalduSiecleTV
 

Sécurité versus vie privée

Qui dit attentat, dit débat sur la sécurité. La gauche s’est retrouvée dans une position bien difficile cette année. Comment concilier ses valeurs de défense des libertés individuelles avec la nécessité de protéger la nation ? La première salve est venue avec la loi sur le renseignement. Puis est arrivé l’état d’urgence. Des mesures qui ont un impact clairement définissable sur la vie des Français, puisqu’elles modifient les lois de la République. Certains les jugent nécessaires, d’autres dangereuses. Là encore, la société apparaît profondément divisée.

Collecte de données, micros et balises GPS

La modification des prérogatives des services de renseignement est évoquée depuis 2014. Ce ne sont pas les attentats de janvier qui ont motivé la mise en chantier de la loi sur le renseignement, bien qu’ils aient conduit l’exécutif à mettre les bouchées doubles. Mais l’essentiel n’est pas là.
Depuis son entrée en vigueur le 3 octobre, les agents du renseignement français peuvent recourir à une large panoplie de techniques sans autorisation préalable d’un juge: écoutes téléphoniques, interceptions de courriels et de SMS, installation de caméras, de balises GPS ou de micros. Ils sont autorisés à pirater à distance le matériel informatique des suspects ou encore à installer des logiciels espions. L’utilisation des «Imsi-catcher» est désormais légale. Ces dispositifs permettent de capter toutes les communications d’un individu dans un périmètre donné.
Au-delà des aspects techniques de la loi, c’est le manque de contrôle qui affole certains observateurs. Si les techniques ne peuvent être utilisées qu’après avis de la Commission nationale des techniques de renseignement (CNCTR), le gouvernement a laissé une brèche d’importance dans le dispositif. Dans la procédure normale, les membres de la commission (deux députés, deux sénateurs, deux membres du Conseil d’Etat et deux magistrats de la Cour de cassation) doivent donner leur blanc-seing dans un délai de 24 heures ou exceptionnellement, 72 heures. Mais le Premier ministre est en capacité de passer outre leur avis en invoquant «l’urgence liée à une menace imminente ou à un risque très élevé de ne pouvoir effectuer l’opération ultérieurement». Comment ce risque est-il identifié et déterminé ? La loi reste floue à ce sujet.
L’ancien juge anti-terroriste Marc Trévidic a dénoncé à plusieurs reprises «une absence totale de contrôle» et une loi qui pourrait devenir «très dangereuse entre de mauvaises mains».
Auteur: Association ANDELE
 
L’ONG Amnesty International a, elle, parlé d'une atteinte aux droits humains : «La décision du Conseil constitutionnel de valider en grande partie la loi sur le renseignement est un coup majeur porté à la protection des la sphère privée et à la liberté d’expression en France. Les mesures de surveillance désormais autorisées sont complètement disproportionnées».
Auteur: Mediapart
 
La Quadrature du net a même été plus loin. Le site a accusé les socialistes français d’avoir «trahi les libertés pour renforcer la surveillance». Selon les spécialistes du web, un rapport du député britannique et membre de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen, Claude Moraes, voté le 29 octobre dernier, aurait été «caviardé» sous «la pression interne des eurodéputés socialistes français». Le texte condamnait la surveillance de masse et les manœuvres socialistes auraient «réussi à faire rejeter toute demande d'enquête de la Commission européenne sur les lois de surveillance française».
Devant l’avalanche de critiques dont la loi a fait l'objet, le Premier ministre Manuel Valls s’est toujours époumoné à la défendre coûte que coûte. En avril dernier, au lendemain de l’arrestation de Sid Ahmed Ghlam, principal suspect dans l’enquête sur l’attentat avorté des églises de Villejuif, il se montrait offensif sur France Inter. Selon lui, plusieurs attentats avaient été déjoués en France dans les mois précédents. Et la nouvelle loi sur le renseignement «aurait donné plus de moyens aux services de renseignement pour effectuer un certain nombre de surveillances» dans le cadre de l’enquête impliquant Sid Ahmed Ghlam. D’autres avaient vu dans la médiatisation de cette attaque ratée, l'occasion de justifier une loi sur le renseignement en cours d’adoption. Manuel Valls s’était d’ailleurs montré agacé face aux questions du journaliste de France Inter...
 
Depuis le mois de juillet, plus de 2 700 demandes de surveillance sont arrivées sur la table de la CNCTR. La commission dit en avoir refusé environ 1%. Des avis négatifs tous suivis par Matignon. Sur l’ensemble des demandes, 400 concernent l’utilisation des nouveaux gadgets désormais autorisés. Selon L’Obs : «Il se murmure que les autorités aient donné consigne de ne pas utiliser excessivement ces matériels tant que les dispositifs prévus par la loi renseignement ne sont pas tous finalisés».
Concernant le contrôle, la CNTR dispose de moyens semblables à son ancêtre, la CNCIS alors que les demandes de surveillances explosent dans un contexte de menace terroriste. En novembre, Jean-Marie Delarue, ancien président de la CNCIS, s’alarmait d’un possible manque de contrôle : «A minima pendant plusieurs mois, le contrôle va se passer à un niveau insuffisant. Il faudra veiller à long terme à l'amélioration de ce contrôle. Espérons que ce sera le cas».

L’état d’urgence permanent ?

Dans la nuit même du 13 au 14 novembre, François Hollande prenait la parole. Le ton grave, le président annonçait l’instauration de l’état d’urgence. Ce dispositif, dont les principales mesures n’avaient plus été appliquées en métropole depuis la guerre d’Algérie, augmente sensiblement le pouvoir de l’Etat. Perquisitions administratives, assignations à résidence, couvre-feu, l’arsenal de mesures désormais entre les mains des autorités est censé être à la hauteur de la menace : vaste.
L'état d'urgence a été prolongé une première fois en novembre, avec la loi la plus soutenue de l’histoire politique récente. Les mesures les plus sujettes à polémique resteront utilisables. Le contrôle de la presse ou de la radio, que prévoyait la loi de 1955 a cependant été exclu, malgré l’insistance de plusieurs députés PS au premier rang desquels figuraient la vice-présidente de l’Assemblée, Sandrine Maztier. L’état d’urgence sera donc effectif jusqu’à la fin février. Ce qui n’est pas sans inquiéter un nombre toujours croissant d’observateurs.
Depuis son entrée en vigueur, l’état d’urgence c’est environ :
L'état d'urgence en chiffres. © RT Source: RT L'état d'urgence en chiffres.
L'état d'urgence en chiffres. © RT Source: RT L'état d'urgence en chiffres.
L'état d'urgence en chiffres. © RT Source: RT L'état d'urgence en chiffres. Le gouvernement se base sur ces chiffres pour légitimer son action. Le Premier ministre Manuel Valls assurant même que «l’état d’urgence, c’est l’état de droit».
 
Reste que si les sondages indiquent qu’une très large majorité de Français soutient la politique sécuritaire du gouvernement, les couacs se sont multipliés. Les forces de l’ordre n’ont pas toujours défoncé les bonnes portes comme lorsqu’au mois de novembre, les policiers du RAID ont blessé une petite niçoise de six ans lors d’une perquisition dans… le mauvais appartement. Ou ces militants écologistes assignés à résidence le temps de la COP21 sous prétexte qu’ils représentaient une menace pour l’ordre public. C’est bien ce genre de dérives qui inquiète ONG, politiques et plus largement, la société.
 
Les membres de la Quadrature du net ont été parmi les plus actifs pour pointer les dangers de l’état d’urgence. Ils dénoncent notamment que «depuis le début de l’état d’urgence, nombre de perquisitions administratives conduites le sont pour des affaires relevant du droit commun, sans aucun lien avec la lutte antiterroriste». Ils parlent d’un «risque de banalisation d’un Etat policier». Amnesty International soulignait récemment que sur les quelques 2700 perquisitions effectuées depuis les attentats, très peu d’enquêtes préliminaires concernaient le terrorisme sur les 500 qui ont été ouvertes. Une situation qui rappelle étrangement les abus commis aux Etats-Unis après l'adoption du Patriot Act.
«Discours martial» pour le syndicat de la magistrature, «atteintes aux droits à la liberté, à la sécurité, à la liberté de mouvement, à la vie privée et aux libertés d’association et d’expression» pour l’ONG Human Rights Watch ou encore «risque bien réel que les droits de la population se retrouvent pris au piège» pour Amnesty International, la mesure n’a pas fini de diviser.
Surtout que le gouvernement souhaite modifier la Constitution afin de prolonger davantage ces mesures d’exceptions. Présenté en conseil des ministres le 23 décembre, le projet de loi atterrira au Parlement en début d’année. Pour l’exécutif, le but est double. Tout d’abord, prolonger les mesures d’exception durant les six mois qui suivront la fin de l’état d’urgence. Deuxièmement, envoyer un signal fort, en ajoutant un article dans la Constitution qui permette de déchoir un individu binational de sa nationalité française selon les modalités suivantes : «Un Français qui a également une autre nationalité peut, dans les conditions fixées par la loi, être déchu de la nationalité française lorsqu'il est définitivement condamné pour un acte qualifié de crime ou de délit constituant une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou pour un crime ou un délit constituant un acte de terrorisme».
Une proposition défendue de longue date par le Front national qui occasionne une fin d’année mouvementée au sein de la majorité. L’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, la garde des sceaux Christiane Taubira, qui avait d’abord annoncé son retrait avant d’être désavouée par le président, l’ex-ministre de la Culture Aurélie Filippetti ou encore la maire de Paris Anne Hidalgo sont vent debout contre la mesure.
 
A l’instar de plusieurs parlementaires de gauche, l'ex-ministre de l'Education Benoît Hamon, connu pour se situer à la gauche du PS, a déjà signalé son intention de voter contre le texte. «C’est une question de valeurs et de conscience», a-t-il expliqué.
Justement, pour Manuel Valls : «Une partie de la gauche s'égare au nom de grandes valeurs en oubliant le contexte, notre état de guerre et le discours du président devant le Congrès».
Pour l’exécutif, tout ceci est un difficile jeu d’équilibriste.

Des migrants pas si «welcome»

Si le gouvernement semble avoir le soutien de la population concernant sa politique sécuritaire, la question des migrants est plus complexe. 2015 a vu le Vieux Continent frappé par une terrible crise migratoire. La multiplication des conflits, notamment en Syrie, a provoqué un véritable déferlement de centaines de milliers d’individus sur l’Europe. Le 22 décembre, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a lâché un chiffre fou. Plus d’un million de migrants sont arrivés depuis janvier. Autrement dit, du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale.
 
La moitié d'entre eux venait de Syrie, les Afghans représentaient un cinquième du total et les Irakiens 7%. Trois zones ravagées par des années de guerre où la mort frappe au quotidien.
La crise migratoire en chiffres. © RT Source: RT La crise migratoire en chiffres.  
Reste que les sondages montrent que les Français sont réticents à les accueillir. Une étude d’opinion publiée en septembre, nous informait que 55% des citoyens étaient contre un assouplissement des conditions d’accueil. Et la tendance ne s’est sûrement pas inversée après les révélations faites sur les attentats du 13 novembre : plusieurs des assaillants avaient rejoint l’Europe en se joignant aux migrants. Le gouvernement se retrouve donc exposé à deux sources de pressions: celles venant de Berlin et de Bruxelles et celles qui sont issues du peuple.

Pris entre deux feux

Selon Paris, actuellement, 75% des demandeurs d’asile au sein de l’Union européenne sont pris en charge par les cinq pays que sont l’Allemagne, la Hongrie, l’Italie, la France et la Suède. Pour faire face à la crise, des quotas ont été adoptés par Bruxelles en septembre afin de mieux répartir la charge migratoire entre les différents pays membres de l'UE. Après s’être longtemps résignée à donner des chiffres précis, la France a fini par céder aux pressions de la Commission européenne et de Berlin. Au départ, Paris arguait que l’effort devait revenir en priorité aux pays peu concernés par l’asile à l’instar de l’Espagne ou du Portugal. Finalement, elle s’est alignée sur la position allemande et a accepté de prendre sa part.
Auteur: BFMTV
 
Au lendemain de la décision européenne, le président François Hollande a parlé de l'accueil de 24 000 migrants. Quelques jours plus tard, Manuel Valls se montrait un peu plus large : «La Commission européenne a proposé des centres d’accueil pour 160 000 demandeurs d’asile, ceux qui fuient la guerre et la torture. La France a proposé d’en accueillir 30 000, ça ne sera pas plus». On est loin du million de réfugiés accueillis par l'Allemagne. Mais les problèmes sont différents pour les deux pays.
L’Allemagne fait face à une crise démographique et ses entreprises ont besoin de main d’oeuvre. La France vit avec un taux de chômage supérieur à 10% et la population est hostile à l’idée d’accueillir plus de migrants. Surtout que l’Hexagone a enregistré 69 000 demandes d’asile au cours des onze premiers mois de 2015, soit une hausse de 17% sur un an. Difficile équation pour un exécutif contesté au vu du peu de résultats engendrés par les réformes successives mises en oeuvre depuis plus de trois ans.

Mauvais calcul

Exactement comme pour la question sécuritaire, le Parti socialiste se retrouve coincé entre ses valeurs humanistes et le principe de réalité. En juillet dernier, le gouvernement faisait voter la réforme du droit d’asile, permettant notamment de raccourcir les délais d’examens ou d’améliorer les conditions d’hébergement. Ses opposants politiques, Front national en tête, avaient crié au scandale avant que la terrible nuit du 13 novembre ne vienne modifier la donne.
Certains des terroristes impliqués dans le carnage avaient rejoint le Vieux Continent au milieu des migrants. Le gouvernement a donc affiché un discours de fermeté. Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, a co-signé, avec son homologue allemand, Sigmar Gabriel, le 24 novembre, un texte qui appelle à la création d’un fonds doté de dix milliards d’euros sur trois ans et qui aurait pour but d'améliorer le contrôle des frontières extérieures de l’Europe.
La réforme du droit d'asile. © RT Source: RT La réforme du droit d'asile.  
De son côté, le Premier ministre a totalement changé de discours. Quelques jours après les attentats, il évoquait lors d’une rencontre avec la presse, la nécessité de restreindre les flux migratoires vers l’Europe : «L'Europe doit dire qu'elle ne peut plus accueillir autant de migrants, ce n'est pas possible». Des propos qui contrastent avec ceux émis lors de sa visite dans la «jungle» de Calais, le 31 août dernier. Il rappelait alors la «nécessité d’accueillir ceux qui fuient les guerres et la barbarie».
Manuel Valls change d'avis sur la politique migratoire. © RT Source: RT Manuel Valls change d'avis sur la politique migratoire.  
Ce retour à une politique migratoire plus contraignante ne semble pas avoir convaincu les Français. Si le «front républicain» a permis à la gauche d’éviter un désastre lors des élections régionales, le premier tour largement remporté par le Front national (FN) restera dans les anales de la politique. Avec presque 28% des voix, le parti de Marine Le Pen a largement dominé ses adversaires. Il se trouve qu’une enquête d’opinion a montré que l’immigration était la principale préoccupation des électeurs du FN. 
Dans les villes de Calais (liste de Marine Le Pen) ou Menton (liste de Marion Maréchal Le Pen), particulièrement touchées par la crise migratoire, le Front national s'est approché des 50% de voix au premier tour, comme le montre le tableau ci-dessous :
Résultats des listes Front national à Calais et Menton. © RT Source: RT Résultats des listes Front national à Calais et Menton.  
Reste à voir si la politique migratoire du gouvernement ira vers davantage de fermeté. 

La politique (étrangère) de la girouette

On ne peut pas parler de virage à 180°, mais un pilote de course vous parlerait d’un beau frein à main. S’il est un point que les attentats, en particulier ceux du 13 novembre, ont modifié, c’est bien l’attitude de la France dans la lutte contre l’Etat islamique. Depuis le début du quinquennat, l’Hexagone pratiquait la position du «ni-ni», ni Daesh, ni Assad. Au cours des mois, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, n’a pas mâché ses mots à l’égard du président syrien. Il l’a tour à tour traité d’«assassin», de «bourreau», l’a accusé de «massacrer son peuple» ou encore d’avoir «commis des atrocités». On se souvient même d’une déclaration sensationnelle du patron du Quai d’Orsay en juillet 2012 : «Monsieur Bachar el-Assad ne mériterait pas d’être sur la terre».
 
Une position que la tragique nuit du 13 novembre a nuancée, de même que l’intervention russe. Aujourd’hui, Laurent Fabius se dit prêt à faire collaborer l’armée syrienne régulière à la lutte contre l’EI. Mais attention, l'actuel président syrien devra renoncer à son titre de chef des armées et à terme, quitter son poste. On vous l’a dit, ce n’est pas un virage à 180°.

Du «ni-ni» au pourquoi pas

Comment passer d’une déclaration louant le «bon boulot» fait par les djihadistes du Front Al-Nosra en Syrie à un début de main tendue à l’armée syrienne ? Pour avoir la réponse, il faut interroger Laurent Fabius. On peut supposer que le carnage perpétré dans la capitale le 13 novembre a déclenché une prise de conscience du côté de l’exécutif, pour qui dorénavant la priorité est de lutter contre l’Etat islamique.
Le 17 novembre, alors que le président de la République réunit le Parlement à Versailles, il lâche ces mots : «Notre ennemi c’est Daesh». Il appelle désormais à former une «grande et unique coalition» contre le groupe terroriste. De là à inclure l’armée syrienne régulière, il n’y qu’un pas que Laurent Fabius est prêt à franchir… sous conditions.
En marge de la COP21, il s’est expliqué sur sa nouvelle position : «Il n'est pas possible de travailler avec l'armée syrienne tant que M. Bachar el-Assad est à sa tête. Mais à partir du moment où il y aura eu une transition politique et où M. Assad ne sera plus le chef des armées, on peut très bien s'associer à ce qui sera l'armée syrienne. Mais dans une transition politique opérée».
Quelques jours plus tard, Laurent Fabius donnait un entretien au journal Le Progrès. Il en profitait pour donner un peu plus d’informations : «Une Syrie unie implique une transition politique. Cela ne veut pas dire que Bachar el-Assad doit partir avant même la transition, mais il faut des garanties pour le futur».
 
Traduction : le départ immédiat du président syrien n’est plus une condition sine qua non à une collaboration avec l’armée régulière. Il devra cependant renoncer à son titre de chef des armées et accepter les conditions de l’Elysée. A savoir, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale et un calendrier de transition. Pour la France, quoi qu’il arrive, les jours de Bachar el-Assad à la tête de la Syrie sont comptés. 

L’intervention russe

Ce relatif assouplissement dans la politique étrangère française peut également s’expliquer par l’intervention russe. Présente au sein de la coalition internationale depuis ses débuts (août 2014), la France partage l’échec de ses homologues qui n’ont pas réussi à contrer l’expansion de l’Etat islamique. Souvent critiquées pour leur manque d’efficacité, les frappes arabo-occidentales ont peiné à convaincre.
Depuis le 30 septembre et à la demande du président Assad, les Russes sont entrés dans le jeu. Dès le début de l’intervention, le président Poutine propose une résolution à l’ONU. Elle prévoit la mise en place d’une coalition unique contre Daesh et le Front Al-Nosra, en partenariat avec le gouvernement syrien. Elle est immédiatement refusée par les Occidentaux.
Auteur: RT France
 
Lors de son intervention devant le Congrès, le 17 novembre, François Hollande a lui aussi appelé à la création d’«une grande et unique coalition». Dans ce but, le maître de l’Elysée s’est envolé pour Moscou le 27 novembre afin d’y rencontrer son homologue russe. S’ils se sont entendus pour coordonner leurs frappes en Syrie et augmenter leurs échanges d’information, les dissensions sur l’avenir de Bachar el-Assad ont a nouveau posé problème et empêché une collaboration plus approfondie.
Certains voient donc dans les dernières évolutions de la position française une volonté de brosser les Russes dans le sens du poil. C’est le cas d’Hasni Abidi, président d’un think-tank suisse : «On constate de plus en plus l'échec des bombardements de la coalition contre l'EI, donc on amorce un tournant. Les Français veulent rassurer les Russes, qui soutiennent Bachar, en leur montrant que leur position n'est pas dogmatique».
Les manœuvres de la France sont plus que délicates. François Hollande cherche à réunir une coalition la plus large possible, ce qui signifie travailler avec les Russes. Mais Paris est un élément important de l’OTAN et subit en ce sens les pressions de certains de ses partenaires, Etats-Unis en tête, qui ont toujours fait du départ du président syrien une priorité. Une option à laquelle Moscou s'oppose fermement, la Russie estime en effet qu'il revient au peuple syrien de décider de son avenir et de la personne du président. La partie d’échec ne fait que commencer. Chacun avance soigneusement ses pions et François Hollande est coincé au milieu de l’échiquier.
https://francais.rt.com

Alter Info l'Information Alternative

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Attentat du Bataclan : l’incroyable mensonge de la police INFO PANAMZA. Le rapport officiel de l'enquête relative aux attentats du 13 novembre contient une stupéfiante contre-vérité. Décryptage.  

Le Figaro fanfaronne.

En Une de son édition du lundi 28 décembre, le journal fait savoir qu'il est "en mesure de dévoiler l'enquête" sur les attentats de Paris qui fut conduite "par la sous-direction antiterroriste, la brigade criminelle de Paris et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI)".

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En page 2 et 3, un foisonnement de détails inédits est ainsi etalé.

Exemple : après avoir déclaré "agir au nom de l'islam et de Daech", l'un des terroristes serait allé -"comme dans une scène d'épouvante"- "au xylophone pour jouer" avec un "rire sadique".

Autre illustration : d'après Le Figaro, les terroristes auraient saisi les smartphones des otages afin d'accéder à Internet -"en vain, faute de réseau".

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C'est un mensonge : dès le soir des attentats, plusieurs spectateurs -tel Benjamin Cazenoves ( à 23h ) - avaient communiqué en direct, via Facebook ou Twitter, depuis la salle du Bataclan.

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Le 17 novembre, le site Slate publiait le long témoignage de Benoît, bloqué au Bataclan durant trois heures. Extraits : 

À ce moment, nous restons persuadés que les tueurs vont nous suivre pour nous exécuter dans cet appartement qui n’est que le troisième étage du Bataclan.

Tout le monde est au sol, portables à la main, tentant de donner des nouvelles. D’autres essayent d’en prendre.

Les lumières ne proviennent que de la cinquantaine de smartphones, la plupart avec ce bandeau bleu qui caractérise Facebook ou Twitter.

Contrairement à ce qu'affirme le rapport d'enquête "dévoilé" par Le Figaro, Internet était bien accessible -tout au long de soirée du 13 novembre- dans la salle du Bataclan.

Mais au fait…

Qui sont les deux heureux bénéficiaires des confidences policières à l'origine du papier? 

Christophe Cornevin et Paule Gonzalès sont les rédacteurs attitrés des articles du Figaro mêlant police, justice, prison… et "islam radical". Rappelons ici que la rédaction salariée par le marchand d'armes Serge Dassault et subventionnée par l’État exprime régulièrement une propension irrésistible à la désinformation islamophobe.

Cornevin constitue d'ailleurs l'incarnation de ce que les Anglo-Saxons nomment avec dédain le reporter "embedded", à savoir "au lit" avec les forces de l'ordre.

En 2015, l'homme a ainsi suivi durant six mois les policiers du renseignement territorial dans leur traque supposée du délinquant-en-voie-de-radicalisation-djihadiste. Auprès d'un collègue l'interrogeant dans la vidéo ci-dessous (publiée le 6 novembre), Cornevin s'était vanté de "ne pas trahir les services de renseignement" après avoir bénéficié du "feu vert" de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur particulièrement dévoué envers le Crif et la franc-maçonnerie du Grand Orient de France.

Nulle surprise à ce qu'un tel "journaliste" -qui relaya sans sourciller la thèse officielle d'un problème de "prostate" dans l'affaire de la bombe factice du vol Air France - ne souligne pas cette étrange contre-vérité policière à propos de la communication extérieure des terroristes du Bataclan.

 

 
HICHAM HAMZA

Bonus : pour en savoir plus sur l'affaire du 13-Novembre, consultez le dossier de Panamza.

Panamza sur le terrain (14.11.15)

Le Bataclan, vendu le 11 septembre par son détenteur parti en Israël (15.11.15)

Attentats de Paris : la haine islamophobe du député socialiste Malek Boutih (16.11.15)

"Je suis en sécurité": l'outil de Facebook a été développé par un Israélien issu du renseignement militaire (17.11.15)

 

 

Des «officiels juifs» prévenus le matin des attentats? Un média israélien censure sa propre info (18.11.15)

Attentats de Paris : qui a prévenu Éric de Rothschild ? (19.11.15)

Quand Fourest pointe du doigt les Français musulmans d'origine «arabe» (20.11.15)

2 semaines avant les attentats, le patron des services secrets français était humilié par un va-t-en-guerre israélien (21.11.15)

Le "djihadiste" Salah Abdeslam était gay-friendly (24.11.15)

"Le Juif n'est pas là" : l'étrange SMS reçu par un complice présumé des terroristes (24.11.15)

Attentats : pourquoi la police a-t-elle "crypté" la videosurveillance d'une fusillade? (25.11.15)

Attentats : le présumé "passeur d'armes" du Monténégro est un chrétien orthodoxe (25.11.15)

Terrorisme : le nouveau "spécialiste" d'I-Télé est un ex-espion de la DGSE passé par un kibboutz (25.11.15)

Découvrez le fanatique rabbin suivi par le co-responsable du Bataclan (26.11.15)

Assaut de Saint-Denis : le patron du Raid s’est inspiré de ses «amis israéliens» (26.11.15)

La première chanteuse de l'hommage aux victimes des attentats est une Franco-Israélienne (27.11.15)

Attentats : quand la police scientifique fume et mâche du chewing-gum sur une scène de crime (28.11.15)

 

 

Attentats : la revendication de Daesh a été "divulguée" par un groupe israélo-américain (01.12.15)

L’homme chargé de mettre en place l’état d’urgence est un proche de la mouvance sioniste (02.12.15)

"Coïncidence" : TF1 et M6 accompagnaient des pompiers situés à 5 minutes des attentats (03.12.15)

Attentats : la simulation du 13 novembre prévoyait 3 commandos de terroristes (05.12.15)

Ceinture explosive de Montrouge : les démineurs ont effacé les empreintes (06.12.15)

Attentat du Bataclan : un terroriste était sur place avant l’attaque (06.12.15)

La police anti-terroriste rend hommage à une idole détruite par le prophète Mohammed (07.12.15)

Terroristes du Bataclan : où est passé le "blond" ? (09.12.15)

"C'est qui, ce barbu?" : quand l'islamophobie policière tourne au sketch (12.12.15)

 

 

Attentats de Paris : Wikileaks évoque un ex-militaire israélien, la presse française se tait (12.12.15)

Attentats de Paris : une kalachnikov provient d’une famille "totalement dévouée" à Israël (13.12.15)

Carnage au Bataclan : la photo-choc a été diffusée depuis Jérusalem (15.12.15)

Un couple israélien affirme avoir échappé de justesse aux attentats du 13 novembre (18.12.15)

Salah Abdeslam veut "venger" son frère et semble "très remonté contre les juifs" (24.12.15)

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La pourriture raciste et islamophobe est à Ajaccio, la tête pourrie est à Paris

D’habitude, les islamophobes se planquent, derrière tout ce qui bouge et notamment les discours d’exclusion, mais hier et aujourd’hui à Ajaccio, ces hors-la-loi étaient tranquilles comme Emile devant les flics et la presse à scander « Arabes dehors », « On est chez nous  » et « On va les tuer ». En langue corse de la Corse, comme l’expliquerait le distrayant Talamoni, ça donne « Arabi fora  ». Culturellement, c’est nettement plus classe, en effet.

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Ces bâtards du Ku Klux Klan ont attaqué et dévasté un lieu de prière, où ils ont mis le feu à des exemplaires du Coran. Le lendemain, ils étaient de nouveau à manifester pour le bonheur de violer la loi, tout sourire pour braver quelques dizaines de flics épars avec le slogan « On est toujours là ». Donc la loi, tu te la colles où je me pense. Parole raciste radicalisée... Ces crapules ont envahi plusieurs cités, cassant tout dans des halls d’immeuble.

Attaque raciste contre un lieu de culte et menaces de mort contre des compatriotes ? Toute la France de la laïcité, de la République des valeurs, du délicieux « vivre ensemble » s’est mise au garde-à-vous. Breaking news et défilé d’experts sur les chaines infos, réception en urgence des représentants du culte musulman à l’Elysée, parachutage en direct live de Cazeneuve ministre de l’Intérieur et des cultes, arrivée sur place toutes affaires cessantes de Hollande et El Blanco, avec défilé des élus locaux prenant la mine constipée, genre « les valeurs de la République, l’amour de ma vie ». Et, état d’urgence oblige, on attend les assignations à résidence de ces personnes radicalisées et parfaitement identifiées, appelant au meurtre de leurs compatriotes. Les militants pacifistes de Notre Dame des Landes assignés à résidence et pas les racistes violents d’Ajaccio ?...

Parfait, sauf qu’en fait on a juste eu droit à un tweet d’El Blanco, et au silence radio de François Le Pen (ici, le site de L’Elysée, à deux jours des évènements, pas un mot).

Chères amies, chers amis, le pays va mal, par application du proverbe chinois : « Le poisson pourrit par la tête ».

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INFO PANAMZA. Grâce à un chien renifleur, les autorités kényanes ont désigné Patrice Balletti, ancien policier du Raid, comme le principal suspect dans la pose d'une bombe factice dans le vol Maurice-Paris.

Incroyable mais vrai : il faut désormais consulter les médias étrangers pour connaître les détails d'une sombre affaire franco-française.

Rappel des faits : dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 décembre, un avion d’Air France, en provenance de l'île Maurice et à destination de Paris, était dérouté avant d'atterrir en urgence au Kenya. 

À son bord, selon une source d'Air France : un objet retrouvé composé de deux horloges digitales transparentes avec deux horaires différents, d'un fil noir ressemblant à une antenne de radio-réveil, et de quatre cartons rectangulaires reliés par un adhésif et des pinces métalliques.

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Lundi 21 décembre, Europe 1 révélait que l'homme à l'origine de la découverte de l'engin est un ex-flic.

Selon les informations d’Europe 1, l’homme est un ancien policier basé à Saint-Pierre de La Réunion. Âgé de 58 ans, le suspect est à la retraite depuis 2008 et toujours domicilié à La Réunion après y avoir travaillé une dizaine d’années. Il serait même passé par le Raid et le Service de protection des hautes personnalités. On ne sait pas encore quelle fonction il y aurait occupé. On sait cependant qu'il n'a pas démérité, puisqu'il a fini major de police.

Selon l'équipage, l'homme interpellé avait fait de nombreux allers-retours aux toilettes pendant le vol. Plus surprenant, c'est le suspect lui-même qui aurait prévenu le personnel navigant de "sa découverte". Il avait "signalé à l'équipage la présence d'un objet suspect dans les toilettes de l'avion et pouvant s'apparenter à un engin explosif artisanal", a précisé le parquet.

 

 

Un site réunionnais d'information a rapporté, mardi 22 décembre, que l'individu, âgé de 58 ans, est réputé, selon son entourage, "aimer faire parler de lui et attirer l’attention" .

Mieux encore : la veille, un autre média local avait souligné que cet ex-policier avait " déjà découvert une bombe devant le commissariat de Saint-Pierre" lors d'une visite de l'ancien président Nicolas Sarkozy.

Qui est ce récidiviste jamais identifié nommément par la presse de l'Hexagone?

Pour connaître son patronyme, il faut se référer aux médias kenyans et mauriciens

Brièvement mis en garde à vue avant d'être relâché lundi soir, l'homme reconverti en "expert judiciaire en écritures et documents" s'appelle Patrice Balletti.

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Mardi soir, le journaliste kenyan Cyrus Ombati faisait état d'une information passée sous silence dans l'Hexagone mais reprise par le Washington Post  : Joseph Ole Nkaissery, ministre kényan de l'Intérieur, accusait l'ex-policier du Raid d'être responsable de la pose de la bombe en raison de l'identification de son siège par un chien renifleur.

Cela n'a pas empêché la libération de ce passager passé un "nombre incalculable de fois" par les toilettes et l'élaboration -par les autorités françaises- d'une justification croustillante qui fut docilement reprise par Le Figaro  

Selon une source proche du dossier, la plus extrême réserve avait été de mise assez rapidement dans la mesure où le retraité souffrirait de la prostate.

Détail curieux : selon le quotidien kenyan The Star, Patrice Balletti était initialement identifié sous le nom de "Patrice Gabriel Marie" .  

Patronyme tronqué ou fausse identité de barbouze pour voyager?

Quoiqu'il en soit, le compte Facebook de Patrice Balletti suggère que cet (ancien?) policier, né à Alger, s'est particulièrement intéressé à un attentat imputé à Al-Qaïda.

HICHAM HAMZA

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Assaut de Saint-Denis : Des questions majeures sans réponse

Le 18 novembre au matin, toute la France saluait l’extraordinaire travail du RAID dans l’assaut de Saint-Denis. Un groupe de terroristes lourdement armé, une femme kamikaze qu’il avait fallu neutraliser, des échanges de tirs impressionnants décrivant une véritable scène de guerre, et au final un assaut tellement violent qu’il a ébranlé l’immeuble. Félicitations à la police qui a donc neutralisé ce groupe hyper-armé. 

Sauf que... il y a plus qu'un doute. 

Tout le problème est que du côté des assaillants, la seule arme retrouvée dans les décombres est un Browning semi-automatique. De même, la thèse de la femme kamikaze n’a duré que quelques heures. Par ailleurs, d’autres interrogations sont venues, et le groupe de cinglés réunis autour d’Abdelhamid Abaaoud, apparaît chaque jour plus amateur.

Il est aujourd’hui acquis que le commando qui avait semé la terreur à Paris – tirs à la kalachnikov sur des innocents, non armés, et aucun acte contre un lieu représentant le pouvoir – ne disposait d’aucune logistique : Abaaoud, qui avait eu la trouille de se faire exploser, était allé se planquer trois jours dans un buisson, avant de trouver refuge dans ce squat de Saint-Denis. L’activité des cours d’assises montre que les délinquants amateurs sont souvent les plus dangereux,… mais le danger qu’ils causent ne suffit pas à les qualifier de professionnels.

Surtout, Le Monde et L’Express ont eu accès au rapport établi par le RAID à destination des juges d’instruction du pôle antiterroriste, et ce rapport pose des questions sérieuses sur ce qu’a été la réalité de cet assaut.

Le résultat est impressionnant, avec des corps déchiquetés. Ici, « une tête humaine à laquelle demeure attaché un morceau de colonne vertébrale ». Là, « une partie de visage ». Plus loin, une dent humaine. Ceci, ajouté à la description de destructions matérielles conséquentes, accrédite le fait que les terroristes se seraient au final fait exploser.

En revanche, tout le problème est qu’aucune arme de guerre n’a été retrouvée, contrairement à ce qui avait été annoncé. Un mois après les faits, la seule arme identifiée est le Browning, qui porte une empreinte d’Abdelhamid Abaaoud.

L’équipe du RAID a utilisé une masse de munitions. Le rapport de la police judiciaire a retrouvé 1 500 étuis percutés et 4 étuis percutés de grenade. C’est la logique des « tirs de saturation » pour tenir les terroristes à distance,… mais tout ceci manque dramatiquement d’explications et de crédibilité.

Le Monde ajoute : « Aucune mention non plus des raisons pour lesquelles les explosifs disposés par le RAID sur la porte de l’appartement n’ont pas fonctionné. Aucune précision sur les échanges que des hommes du RAID ont eus avec Hasna Aït Boulahcen lorsqu’elle a demandé à deux reprises de pouvoir sortir. Rien sur le moment où l’un des terroristes a déclenché sa ceinture d’explosifs. Rien enfin sur le fait qu’un seul pistolet automatique ait pu à lui seul donner le sentiment aux équipes du RAID d’être visées par un feu nourri. Ni la direction du RAID ni la direction générale de la police nationale n’ont souhaité répondre à nos questions ».

Il y a en effet de quoi se poser des questions, et ces questions, on se les pose : un mois après les faits, peut-on envisager de trouver des armes qui auraient été utilisées par les terroristes ? Pourquoi ce déluge de feu par les forces de police si les terroristes étaient à peine armés ? Pourquoi ces informations viennent-elles si tard, et de manière si fragmentée, alors qu’elles étaient connues dès l’origine ? 

Merci de ne pas nous prendre pour des demeurés. 

police,terrorisme,propagande
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