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Attentat à Charlie Hebdo : le vidéaste « amateur » s’est évaporé dans la nature INFO PANAMZA. L'ouvrier polonais à l'origine de la première vidéo capturant les terroristes a été licencié par son employeur.  

Mise à jour du 28.10.15 : une équipe de France Télévisions, préparant actuellement un reportage à charge sur les "sites de réinformation" et leurs "théories du complot", a tenté de discréditer l'article présent de Panamza en cherchant à contacter le vidéaste polonais. Mauvaise pioche : selon l'agence Reuters qui s'était procuré sa vidéo déterminante pour justifier la thèse du terrorisme islamiste, l'homme -qui n'a pourtant rien à craindre pour sa vie- veut rester "anonyme".
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Le mardi 13 janvier, Reuters, première agence (anglo-canadienne) de presse au monde, a diffusé un scoop : les premières images montrant les terroristes de Charlie Hebdo en train de revendiquer explicitement leur action au nom du "prophète Mohammed". Il aura donc fallu six jours pour que cette vidéo soit exposée médiatiquement et relayée immédiatement par la plupart des médias nationaux.

 

Chose étrange : contrairement au journaliste Martin Boudot, auteur d'une vidéo capturée sur le toit de l'immeuble de Charlie Hebdo (au moment du départ des terroristes), l'homme responsable du scoop de Reuters n'a pas fait le tour des plateaux pour relater ce qu'il a vu. Plus étonnant : aucun journaliste mainstream n'a rapporté son patronyme.

Panamza a tenté d'en savoir plus.

Premier indice : ce vidéaste "amateur" apparaît accidentellement dans une photographie prise par un témoin et obtenue par la journaliste Anne Gelbard de l'agence France-Presse.


L'image ci-dessus, relayée par de nombreux organes de la presse écrite et audiovisuelle, a été tronquée pour mettre en avant la confrontation entre policiers et terroristes.

Voici l'image originelle, publiée incidemment par le site du Monde.
image

Surprise, surprise : le vidéaste anonyme apparaît à gauche de l'image.
zoomcharlie

Il figure également -en compagnie d'un autre individu- sur la vidéo de Boudot, capturée de l'autre côté de la rue.

 

 

Chose frappante : au moment précis de la tonitruante fusillade lancée par les terroristes contre des policiers en VTT ayant miraculeusement échappé à la mort (dans le passage étroit reliant l'Allée Verte et la rue Pelée), le vidéaste demeure debout et continue de filmer comme s'il ne redoutait pas les tirs.
zoomfusillade

Comment expliquer un tel sang-froid? 

Panamza a voulu en savoir plus en décryptant le contexte de cette prise de vues. 

Première découverte : la terrasse sur laquelle se tient l'homme et ses compères n'existait pas l'été dernier. C'est ce qui ressort d'une consultation de Google Maps, application de géolocalisation qui capture les photographies de lieux à un moment donné. Voici ce qui apparaissait au même endroit à trois dates successives : juillet 2014, août 2014 et juin 2015.

juill14

aout14


Un chantier en construction était présent face au lieu dans lequel allait se dérouler l'attentat.

Un zoom permet d'identifier la société alors responsable des travaux : Id-Ener Bat, créee en 2011 et dirigée par David Dahan.
id-ener

Contacté par Panamza, son dirigeant n'a pas voulu s'étendre personnellement sur l'affaire : "Voyez ça avec le propriétaire, monsieur Geoffroy". Téléphone de l'intéressé aussitôt transmis, le "propriétaire" en question s'est avéré, en revanche, particulièrement loquace : il affirme ainsi avoir "renvoyé manu militari" son ouvrier après avoir "découvert" que celui-ci avait vendu sa vidéo à l'agence Reuters. À ses yeux, il s'agissait là d'une entorse à leur collaboration car le film a été capturé depuis son toit et durant un créneau professionnel.

"Monsieur Geoffroy" indique également s'être rendu, le jour même, au "36, quai des Orfèvres" pour remettre, avec son ouvrier polonais, l'intégralité de la vidéo capturée (certainement plus longue que les images diffusées par Reuters). Il se déclare également consterné par la circulation de cette vidéo, notamment sur Internet, qui ne ferait "que rajouter de la sidération à la sidération".

Interrogé sur l'implication exacte de l'entreprise Id-Ener Bat vis-à-vis de son chantier, l'homme a éludé la question en indiquant qu'une autre entreprise, non identifiée, est en train de terminer les travaux. 

Et qu'en est-il de la curieuse désinvolture de son ouvrier, visiblement insouciant en dépit de la présence, sous ses yeux, de deux hommes armés de kalachnikov? "Pour cela, je ne lui en veux pas. Il croyait qu'un braquage avait eu lieu", rétorque son ex-employeur.

Impossible désormais de prendre contact avec le vidéaste : les deux hommes seraient en froid.

C'est fort dommage. Installé aux premières loges d'un événement discuté dans le monde entier, cet homme-mystère, pourtant présenté par son ancien boss comme un individu qui a cédé à la tentation fructueuse d'une vente d'images, n'a curieusement pas exploité davantage cette opportunité pour faire connaître son expérience auprès des citoyens et négocier la transaction de son récit avec d'autres médias.

Une chose est certaine : si Boudot, journaliste à l'origine de la vidéo capturée sur le toit, n'avait pas eu le réflexe de sortir son smartphone, la vidéo de l'ouvrier polonais aurait été la seule illustration visuelle de la revendication "islamiste" des terroristes à la sortie des locaux de Charlie Hebdo.

Nul doute qu'elle aurait alors été médiatisée plus tôt -et avec plus de vacarmepour convaincre les téléspectateurs de l'identité des terroristes.

La coïncidence fortuite d'un ouvrier présent juste en face de l'action (sur un chantier entamé l'été dernier), apte à affronter vaillament le danger et équipé d'un smartphone vidéo (équipé d'ailleurs d'une excellente capture audio) pourrait expliquer pourquoi le terroriste prétendant -haut et fort- avoir "vengé le prophète Mohammed" n'a pas hésité à ignorer le vidéaste après avoir brièvement  regardé en sa direction.
lookjanek

HICHAM HAMZA

Post-scriptum : "Monsieur Geoffroy" a été ultérieurement identifié par Panamza. Il s'agit de Geoffroy Sciard, héritier d'une famille ancrée dans le monde du renseignement militaire et proche du clan Dassault. Quant au  terroriste affirmant avoir "vengé le prophète Mohammed", il faut souligner sa posture hérétique au regard de l'islam : lever l'index gauche, symbole d'"impureté", en direction du ciel. Enfin, signalons ici que l'agence Premières Lignes -qui a capturé la vidéo d'en face dans laquelle apparaît "l'ouvrier polonais" (filmant tranquillement la scène)- n'a toujours pas diffusé, neuf mois plus tard, la version originelle- et non dégradée - de son scoop.

Pour en savoir plus sur l'affaire Charlie, consultez les enquêtes de Panamza.

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