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C’est « Attajdid » qui donnera le scoop dans son édition d’hier, lundi 6 mai. Le quotidien des islamistes au pouvoir a en effet publié, en ouverture de sa «Une», les excuses de Hamid Chabat. Ainsi, et c’est « Attajdid » qui nous l’apprendra, le leader trublion de l’Istiqlal a battu sa coulpe, annoncé sa disposition à faire sa propre autocritique et présenté ses excuses après les déclarations fracassantes qu’il a tenues lors du meeting du 1er mai organisé par l’UGTM. « La majorité gouvernementale resserre l’étau autour de Hamid Chabat qui a présenté des excuses suite à ses récentes déclarations », titre le quotidien porte-parole du MUR et du PJD. L’article est édifiant : Chabat a retiré toutes ses accusations contre les ministres du PPS. Il promet de se faire bon élève de la majorité.  Le chef du gouvernement lui aurait même proposé de quitter l’Exécutif, histoire d’officialiser son désaccord et ses divergences avec l’équipe au pouvoir. Non, non, s’est écrié le premier des Istiqlaliens. Désormais, il affichera sa solidarité en toute circonstance. Et plus jamais il ne réclamera de remaniement ministériel. Chabat n’est plus l’empêcheur de tourner en rond de Benkirane. Et à la dernière réunion de la majorité, jeudi dernier, le syndicaliste devenu leader a été suffisamment sermonné par ses pairs pour regretter tout le mal qu’il a dit ou fait à ses partenaires. Le scoop, même téléphoné par «qui  on sait», valait bien une « Une » islamiste. « En rendant public l’acte de contrition du Secrétaire général de l’Istiqlal, le PJD fait une opération de com ‘ et coupe court à toutes les tentatives de faire de Chabat l’homme qui ose mettre en péril la majorité et ce en toute impunité. En fait, cette fuite hautement calculée politiquement est une manière de désamorcer le patron des Istiqlaliens. L’opinion publique apprend que ce leader s’est fait taper sur les doigts et qu’il présente ses excuses les plus plates. Le successeur d’Abbas El Fassi, celui qui défiait Benkirane, n’est plus sur un piédestal », croit savoir cet observateur aguerri à la chose politique.
On s’en souvient, le 1er mai, à l’occasion d’un imposant meeting organisé par l’UGTM, l’aile syndicale du parti de la Balance, Hamid Chabat s’en était pris à deux ministres du PPS, en l’occurrence Abdelouahad Souhail et Housseine Louardi. Des propos diffamatoires et des accusations ignobles que le bureau politique du PPS a fermement condamnés dans un communiqué. Nabil Benabdallah et ses camarades ont eu des mots durs pour dénoncer le chef de file de l’Istiqlal, s’indignant devant « ces accusations indécentes et ces procédés innommables, intrus dans la scène politique marocaine et porteur de déliquescence ».
Tir groupé ou hasard du calendrier ? Ce même jeudi et au sortir de sa réunion hebdomadaire,  le gouvernement s’est lui aussi fendu d’un communiqué pour exprimer « sa vive indignation suite aux propos diffamatoires proférés à l’encontre de certains ministres à l’occasion de la célébration de la fête du travail ».
Ce lundi 6 mai, les Istiqlaliens ont le réveil groggy. Si les déclarations diffamatoires de Hamid Chabat ont laissé un goût amer, la rétraction du leader donne sérieusement à réfléchir. Les paroles d’un homme connu pour ses talents de tribun sont-elles réfléchies ? Le SG du plus vieux parti marocain fait-il de la surenchère purement gratuite comme d’autres jouent au pyromane ? « Nous sommes de plus en plus nombreux à nous poser la question et en tout cas à être gênés par ces sorties de Chabat. On ne peut pas être au gouvernement, allié de la majorité et avoir un comportement digne d’un parti de l’opposition. Dans les différentes instances du parti, on commence à être perdus. Nous ne savons plus quel langage tenir », confie un Istiqlalien de la première heure, membre du comité exécutif de cette formation politique.
Tous les  projecteurs seront braqués sur le conseil national de l’Istiqlal qui aura lieu samedi prochain. Hamid Chabat devra y prononcer un discours très attendu pour faire le point sur la situation politique et économique du pays et faire le bilan de l’action gouvernementale. Evoquera-t-il ses excuses faites aux alliés de la majorité ? Continuera-t-il à revendiquer un remaniement ministériel ? Continuera-t-il de fustiger Benkirane et ses ministres ? Autant de questions qui montrent la fragilité d’une majorité qui lave en public son linge sale.
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