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Hier, ils vivaient dans leur foyer parental. Aujourd’hui, ils vivent dans l’autonomie dépendante, appréciant au fil de leur formation les joies d’une liberté conditionnée.
Après l’obtention de leur bac, nombreux sont les étudiants qui doivent quitter le cocon familial afin de poursuivre leurs études supérieures loin de leur ville natale. Les plus chanceux d’entre eux seront inscrits dans des facultés et instituts supérieurs des villes où ils retrouveront d’autres membres de leurs familles qui les hébergent. Cependant, certains choisissent de ne pas résider chez des parents et donc préfèrent s’installer  ailleurs.
Dans ces conditions, les étudiants optent pour la cité universitaire ou la colocation dans des quartiers proches de leur lieu d’études. Les plus nantis louent un appartement qu’ils occuperont seuls. Dans tous les cas, leur statut passe d’une vie dépendante à une autre autonome dans laquelle l’étudiant doit apprendre à «vivre en solo».
Un changement qui va bouleverser leurs habitudes, car ils vont devoir tourner définitivement une page de leur vie, passer du statut d’enfant à celui de jeune adulte. En effet, il est difficile de démarrer sa vie seule lorsque l’on a longtemps été choyé par papa et maman.
Ce qui n’est pas toujours facile d’autant plus que cette nouvelle vie ne se fera pas sans désagréments. En effet, selon des témoignages recueillis auprès des étudiants que nous avons rencontrés à El Jadida, la vie en solo comporte des avantages et des inconvénients.
« C’était dur au début de vivre loin de ma famille. Cela dit, cet éloignement m’a permis de trouver mon espace personnel et de comprendre les réalités de la vie indépendante », confie Maryem de Sidi Bannour, étudiante à l’ENSA d’El Jadida.
Un point de vue que ne partage pas Imane de Casablanca qui estime que  «vivre en solo  reste insupportable pour une étudiante. On ne s’en sort pas toujours et on a du mal à s’organiser, à gérer son temps et même l’argent de poche ».
Quelles que soient les difficultés de la vie en solitaire, bon nombre estiment que cette vie forge l’étudiant qui acquiert une grande expérience. C’est l’avis de Habbabba, étudiant originaire de Laâyoune : «Je suis heureux de vivre seul quoique cette situation ne plaîse guère à certains étudiants. Vivre en solo, c’est la liberté, la responsabilité et l’apprentissage de la vie», conclut-il.

*Etudiantes à la Faculté des lettres
et des sciences humaines – El Jadida

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