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L’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH) a organisé, en collaboration avec l’Association jordanienne « Femmes contre la violence », un séminaire international à Casablanca sous le thème « Pour des sociétés sécurisées ».
Au menu de ce débat qui a regroupé des militantes et des militants venus de différents pays arabes figurait une panoplie d’activités. Ainsi, des participants de la Jordanie, de  la Tunisie, de l’Irak, de l’Egypte, de la Mauritanie, du Yémen ainsi que du Mali  ont animé des discussions ouvertes. Ils ont mis sous la lumière tous les détails qui touchent de près ou de loin le thème de la rencontre. Ainsi, des ateliers et des séances de réflexions scientifiques sur le phénomène de la violence contre les femmes ont été au rendez-vous. Jeudi dernier, la cérémonie d’ouverture a connu l’intervention respective de  la ministre de la Femme, de la Famille, de la Solidarité et du Développement social, Bassima Hakkaoui, du président de l’OMDH, Mohamed Neshnash et de Kholoud Khariss, présidente de l’Association «Femmes contre la violence ».
Au cours de son intervention, cette dernière a affirmé que « ce séminaire survient dans un contexte exceptionnel, du fait qu’on assiste ces derniers temps au développement de ce phénomène. Ce qui pousse à multiplier les efforts et à mettre la main dans la main pour y faire face».
Pour sa part, Bassima Hakkaoui a avancé des chiffres qui font froid dans le dos :  « Au Maroc, six millions de femmes sont victimes de violences. Pire, 55% d’entre elles sont victimes de violence conjugale », précisant que « la nouvelle stratégie de son département est axée sur la construction de nouveaux centres de soutien et de nouvelles procédures d’alerte».
Elle a également précisé qu’« il n’y a pas que la violence physique et verbale qu’il faut prendre en compte. Toutes sortes de discriminations idéologiques ou autres constituent une sorte de violence.  « Lorsqu’on écarte une femme d’une fonction, c’est une violence qu’on exerce sur elle », a-t-elle martelé.
Mme Hakkaoui a annoncé travailler  «dans le cadre de la continuité, sur un projet de loi pour la lutte contre la violence à l’encontre des femmes, dans le cadre d’une commission mixte avec le ministère de la Justice », en compagnie duquel, elle va élaborer une loi qu’elle va  intégrer dans le Code pénal.
Pour ce qui est du « Conseil consultatif de la famille et de l’enfant », elle a indiqué que le projet est en cours d’étude.
Le président de l’OMDH,  Mohamed Neshnash a, quant à lui, salué les femmes présentes en les incitant à déployer plus d’efforts pour améliorer la situation des droits de la femme au Maroc ainsi que dans les autres pays arabes.
Les travaux du premier jour de ce séminaire ont été rehaussés par la présence de plusieurs militantes. Notamment Aicha Bellarbi, ancienne ambassadrice du Maroc auprès de l’Union européenne et membre du Conseil national de l’USFP, Aicha Loukhmas, membre du bureau politique de l’USFP, Nouzha Skalli, ancienne ministre de  la Femme, de la Famille, de la Solidarité et du Développement social et membre du Bureau politique du PPS, Aicha Echenna, présidente de l’Association des femmes contre la violence ainsi que plusieurs autres personnalités.
Les travaux du séminaire ont été également marqués par l’intervention d’Aicha Bah Bah, activiste féministe mauritanienne, qui a attiré l’attention des participantes sur le fait que «plus de sept adolescentes ou préadolescentes sur dix subissent des amputations  génitales en Mauritanie ».
Un autre phénomène répandu en Mauritanie et dans certaines  provinces du Sahara marocain, que Mme Bah Bah a dénoncé, est le Hgoune (engraissement provoqué des filles), qui entraîne un surpoids considéré dans  cette région du monde  comme un facteur de beauté.
Concernant la violence conjugale, elle a souligné que  « les femmes mauritaniennes sont constamment battues. « On ne juge pas comme péjoratif le fait de battre sa femme ». Pour les Mauritaniens, le fait de frapper son épouse est considéré comme l’expression d’une volonté de protéger le foyer conjugal. Dans certaines régions, les nouveaux mariés reçoivent des fouets comme cadeaux de mariage », a-t-elle ironisé.
Les femmes et l'immigration « forcée » ont également dominé les débats du congrès, qui s'est ouvert mercredi pour deux jours dans la plus grande ville du Maroc.
Foune Bintou, une activiste malienne doctorante en droit et ancienne enseignante à l’université de Bamako, a brossé un tableau significatif des violences que connaît actuellement  son pays ravagé par le  salafisme, en mettant en exergue les violences dont les femmes sont victimes. « Ces dernières années ont été marquées par une forte migration des femmes africaines, souvent enceintes ou avec leurs enfants à l'intérieur du continent et en Europe. Elles sont souvent victimes de violences de toutes sortes », a-t-elle souligné. «Fragilisées car étrangères et démunies, elles se trouvent parfois obligées de se prostituer pour survivre », a-t-elle ajouté.
«  Quand les salafistes ont envahi   ma ville, une femme est venue se réfugier chez moi. Elle m’a raconté qu’elle a été violée devant ses deux filles qui ont été violées à leur tour devant elle», a-t-elle raconté, les larmes aux yeux.
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