Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
BADIL saisit la Cour pénale internationale pour la première fois

 

Par BADIL
Le Centre de ressources pour les droits des résidents et réfugiés de Palestine BADIL est heureux de confirmer le dépôt officiel de sa première plainte devant la Cour pénale internationale pendant une réunion récente entre les représentants de BADIL et le Bureau du Procureur, qui s'est tenue à La Haye.
  La plainte, rédigée par BADIL au nom des victimes palestiniennes de l'assaut militaire à grande échelle d'Israël sur la bande de Gaza à l'été 2014, contient des informations relatives à des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis par des hauts fonctionnaires israéliens dans le contexte de l'Opération Bordure Protectrice. Elle est principalement axée sur les crimes internationaux relatifs au déplacement de masse forcé de Palestiniens par Israël, qui, au plus fort des hostilités, se montait à environ un demi-million de personnes.
Selon l'Article 49 de la Quatrième Convention de Genève et la Règle 129 du CICR du droit coutumier international, il est strictement interdit à une puissance occupante de transférer par la force la population civile d'un territoire occupé ; c'est-à-dire, le déplacement par la force de personnes de leurs foyers et des communautés, pour des raisons qui ne sont pas autorisées en vertu du droit international. La même interdiction se trouve dans le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale comme étant un crime de guerre et un crime contre l'humanité.
Bien qu’un déplacement forcé soit souvent une conséquence naturelle d’un conflit armé, en adoptant des pratiques de guerre manifestement illicites qui auraient naturellement pour résultat le déplacement forcé de masse, et en ne procurant pas des espaces humanitaires protégés pour les personnes déplacées, les actions israéliennes pendant l’Opération Bordure Protectrice sont entièrement compatibles avec le crime international de transfert forcé. Sur cette base, BADIL a fourni au Bureau du Procureur sufisamment d'informations pour établir une base raisonnable pour penser que les responsables israéliens ont supervisé des politiques illégales allant jusqu’au transfert forcé à la fois crime de guerre et crime contre l'humanité.
Dans le cadre de son examen préliminaire en cours, déclenché en janvier 2015, le Procureur doit étudier si les informations reçues répondent aux critères respectifs requis de compétence et de recevabilité, justifiant l'ouverture d'une enquête officielle. De même sera posée la question de savoir si une telle enquête serait dans l'intérêt de la justice.
BADIL et d'autres grands organisations pour les droits de l'homme ont la conviction que ces questions ont globalement reçu une réponse affirmative, le dossier de BADIL s'ajoutant à un recensement déjà important et méticuleusement catalogué de crimes internationaux commis par des citoyens israéliens non seulement à l'intérieur de la Bande de Gaza mais dans tout le territoire palestinien occupé dans son ensemble.
Un tel engagement n'est pas sans risque, et les défenseurs palestiniens des droits de l'homme qui ont transmis à la CPI les informations relatives aux crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par des citoyens israéliens furent les cibles de campagnes de diffamation et même de menaces à leurs vies. Cependant, BADIL et les autres membres des organisations palestiniennes pour les droits de l'homme affirment que ces menaces ne peuvent pas et ne doivent pas empêcher de documenter des informations essentielles à la promotion de la justice pour les victimes de crimes internationaux, et de traduire en justice les auteurs.
A cette fin, ces initiatives continueront, et le Bureau du Procureur a remercié BADIL pour la présentation et les témoignages fournis et il a discuté des façons dont BADIL pourrait aider davantage la Cour au cours de l'examen préliminaire en cours.
En conséquence, BADIL profite de cette occasion pour réitérer son soutien plein et continu au travail de la Cour, et une version publique de la plainte de BADIL sera disponible dans les semaines qui viennent.

 

Source : BADIL

Traduction : André Comte
http://www.ism-france.org/communiques/BADIL-saisit-la-Cour-penale-internationale-pour-la-premiere-fois-article-19933


Alter Info l'Information Alternative

Source

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
Figées dans leur douleur : le deuil des familles palestiniennes Figées dans leur douleur : le deuil des familles palestiniennes
 
Samah Jabr
Middle East Monitor

 
Alors que le monde fêtait la Saint-Sylvestre en 2015, avec toutes ses promesses pour la nouvelle année, des dizaines de familles palestiniennes recevaient les corps froids de leurs Shaheeds (martyrs) : des enfants tués par les Israéliens dans le récent bouleversement politique.
Permettez-moi de dire d’emblée que cet article est une tentative pour explorer le vécu de la douleur chez les victimes de notre réalité politique – et non un essai sur la signification du martyre, ou une analyse sur ce que l’on désigne sous le nom de « Shaheed », un statut à la fois laïque et religieux que les Palestiniens donnent à leurs enfants tués par l’occupation.
Je fais simplement observer que la communauté palestinienne, à l’instar de nombreux groupes qui glorifient leurs soldats morts en leur nom, glorifie elle aussi celles et ceux qui ont donné leur vie en résistant à l’occupation et qu’elle utilise le terme « Shaheed » pour attirer l’attention sur les circonstances de leur mort.
Un grand silence entoure la douleur des familles des combattants palestiniens. Les Palestiniens ressentent les autorités israéliennes comme tirant une satisfaction sadique de notre souffrance. En réaction, les Palestiniens présentent souvent un extérieur rude, masquant ainsi leurs émotions et effaçant tout signe de vulnérabilité face à ceux qui ont tué leurs êtres chers. Certains Palestiniens vont plus loin, essayant d’éviter d’infliger davantage de douleur aux membres de leurs familles, et gardent leur douleur au fond d’eux-mêmes.
Une jeune femme est venue me voir pour des palpitations et une insuffisance respiratoire, des symptômes pour lesquels aucune cause organique n’avait été trouvée. Quand je lui ai demandé quand ses symptômes avaient commencé, elle a répondu : « Depuis que le cœur de mon frère a cessé de battre ». Son frère avait été tué lors d’une manifestation deux ans auparavant ; elle avait gardé cette disparition enfouie dans sa poitrine de peur que toute sa maison ne s’effondre si quelqu’un le reconnaissait à haute voix.
Le silence palestinien est aussi motivé par le souhait d’éviter que ne soient incriminés ceux qui ont été tués et par la nécessité d’empêcher qu’il y ait plus de pressions encore sur les personnes qui apportent leur aide et leur compassion dans la communauté. Manifester de la solidarité auprès des familles endeuillées signifie prendre des risques et en supporter les conséquences. Même les députés arabes de la Knesset israélienne, des législateurs qui ont visité les familles dans la douleur qui lançaient des appels pour que les corps de leurs enfants leur soient remis afin de les enterrer décemment, même ces députés ont été menacés et punis.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé : « Ceux qui réconfortent les familles des terroristes ne méritent pas d’être membres de la Knesset ». La participation de ces membres arabes de la Knesset a donc été suspendue, alors qu’aucune mesure n’a été prise contre le ministre de la Justice israélien quand celui-ci a réconforté les familles des colons accusés d’avoir brûlé vive une famille palestinienne.
L’intimidation élimine les expressions de soutien de la communauté à des familles qui déjà souffrent des entraves au processus naturel de deuil. Traités comme des suspects par l’occupation, les membres des familles sont souvent mis en détention, punis collectivement par la démolition de leur maison, par des refus de permis de travail et une ingérence dans l’accomplissement des rites traditionnels de deuil à travers l’insistance que le corps du défunt ne sera rendu que lorsque la famille capitulera devant l’exigence d’enterrer son mort à l’écart de la communauté.
Après quatre mois d’épuisantes négociations entre les autorités israéliennes et la famille d’Ahmad Abu Sha’aban, le corps de ce fils, Ahmad, a été rendu à la famille aux conditions que les funérailles ne durent pas plus d’une heure et demie, qu’il n’y ait pas plus de quatorze personnes présentes et qu’elles aient lieu au milieu de la nuit.
Nous aussi, les Palestiniens, nous sommes parfois coupables de laisser ces familles enfermées dans leur douleur. Une enquête conduite par le Centre Al-Quds pour les études israéliennes et palestiniennes a démontré que 66 % des Palestiniens exprimaient un sentiment de gêne après la descente du personnel de nos médias chez les familles endeuillées, spécialement dans les premières heures suivant le décès.
En outre, 60 % des personnes ont fait part de leur insatisfaction devant la conduite des factions politiques, en particulier quand elles allèguent que leur fils appartenait à un parti politique, qu'elles distribuent des posters où l’on voit le shaheed en train de coller une affiche de l’icône du parti politique, et qu'elles hissent le drapeau du parti politique aux funérailles. Les factions politiques en agissant ainsi s’approprient les sacrifices des morts et l’angoisse de leurs familles. Les médias rivalisent pour écrire sur la dernière crise d’une façon qui souvent s’immisce dans les moments les plus intimes de la famille, transformant un père ou une mère dans la douleur en un porte-parole institutionnel.
Une pression sociale bien intentionnée sur une famille endeuillée afin de lui exprimer une fierté est encore un autre facteur qui peut agir pour inhiber l’expérience d’une douleur et retarder le processus de deuil. Nous observons des familles trouvant un réconfort dans l’importance de la foule qui vient se présenter à elles en ces moments difficiles, parlant de la dernière fois où ils ont vu le shaheed et énumérant ses différentes vertus, ses amis prenant le rôle imaginaire du fils pour le père, ou du père pour ses enfants ; le défunt devenant soudain leur ami le plus cher et le plus proche. Bientôt, ces relations du défunt affluent vers une nouvelle crise qui revendique leur attention, laissant la famille seule face au vide.
Les cercles de deuil présentant un « syndrome de survivant » de culpabilité, de honte, d’anxiété et de chagrin, semblent impliquer une personne après l’autre. Nous voyons quelques cas de jeunes amis ou relations du shaheed qui attaqueront réellement des soldats israéliens ; ce sera alors un acte qui sera motivé par le chagrin, entre autres. De cette manière, le shaheed est idéalisé et imité. Ses funérailles entraînent d’autres funérailles.
Le shaheed absent reste très présent dans la psyché de ceux qui le pleurent. Un homme introverti, d’âge moyen, m’a dit : « Je prends garde à ne pas offenser l’image de mon père. Je suis maintenant plus âgé qu’il ne l’était quand il a été tué. Je viens juste de me marier et mon épouse est enceinte – et en fait, mon père a été assassiné juste après avoir fécondé ma mère de moi. Mais je vis encore, chaque jour et chaque minute de ma vie, avec son image qui me regarde, qui corrige mon comportement et me dit ce qu’il faut faire ».
Confisquer les corps des Palestiniens tués et ajouter des restrictions douloureuses au chagrin de leurs familles n’ont rien à voir avec la sécurité israélienne, il s'agit uniquement de répondre à l’objectif pernicieux de leur imposer des souffrances pour son propre plaisir : punir la communauté palestinienne en la privant de participer au processus normal de deuil. Les conséquences en sont que les cercles de douleur s’élargissent. Pour les familles elles-mêmes, leur deuil entravé et rendu compliqué crée des distorsions cognitives et une injection de culpabilité, il leur impose la définition israélienne du défunt comme criminel ou terroriste. Mais pour chaque famille en Palestine, la mort de ces jeunes combattants et la brutalisation des survivants sont des armes puissantes qui sapent la sécurité psychologique de tous.
Quel que soit le jugement que nous portons sur leurs actions spécifiques, ces jeunes combattants ont été pris entre la violence de l’occupant et l’impuissance de la direction palestinienne. Ces jeunes combattants ont agi avec désintéressement, ne recherchant ni profit ni renommée personnels. Ils ont exprimé la colère et la frustration que ressentent tous les Palestiniens. Leur impulsion a été d’offrir leur aide, de l’unique façon qu’ils estimaient possible. Leurs expériences, leurs émotions, et leurs intentions doivent être identifiées, comprises et validées avant que le débat sur leurs actions puisse acquérir une légitimité.
Après tout, c’est le sacrifice de quelques-uns qui nourrit l’espoir de la libération. Leurs familles et l’ensemble de la communauté palestinienne doivent reconnaître l’énormité de la perte de nos enfants, rétablir les souvenirs positifs qu’elles ont d’eux, et redire l’histoire de leur mort. À travers cela, nous devons affirmer notre amour profond pour ceux qui sont morts au nom de la Palestine. À tout le moins, un processus pour une mémoire nationale palestinienne peut réduire l’isolement des familles endeuillées et transformer leur perte personnelle en une expérience de signification collective.
 


Samah Jabr est psychiatre et psychothérapeute, jérusalémite, elle se préoccupe du bien-être de sa communauté bien au-delà des questions de santé mentale. Elle écrit régulièrement sur la santé mentale en Palestine occupée.
 
https://www.middleeastmonitor.com/articles/middle-east/24146-frozen-in-their-grief-on-the-bereavement-of-palestinian-families
Traduction : JPP pour Les Amis de Jayyous
 

Alter Info l'Information Alternative

Source

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
ll est très important pour le mouvement national palestinien de réfuter les tentatives d'amalgamer le Hamas et Daech : il y a bien des risques à ne pas le faire.
De l'importance de refuser l'amalgame entre le Hamas et Daech Si ses efforts pour établir une corrélation entre la résistance palestinienne à l'occupation militaire et le terrorisme mondial ne datent pas d'aujourd'hui, Israël a toutefois étendu sa propagande, qui vise les opinions arabes tout autant qu'occidentales. Ce faisant, il cherche manifestement à exploiter l'aversion générale vis-à-vis de mouvements qui ont dérivé vers l'extrémisme et le terrorisme tout en prétendant représenter l'islam.
« Le Hamas c'est l'EI, et l'EI c'est le Hamas » déclarait le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou aux Nations Unies en 2014. Et pourtant, lui aussi bien que l'establishment politique savent mieux que quiconque que le Hamas et Daech ne sont pas apparentés, tout comme le savent aussi ces régimes arabes qui mettent tous les mouvements islamiques dans le même panier pour servir leurs propres objectifs. Non seulement Hamas et Daech ne sont pas apparentés, mais ils sont les pires ennemis, et Daech a dénoncé le Hamas comme mouvement apostat.
Des bénéfices politiques à court terme
Amalgamer le Hamas avec Daech, c'est ignorer la réalité sur le terrain. L'environnement politique en Palestine est défini par l'occupation, alors que l'environnement des pays arabes où Daech a émergé se définit par l'autoritarisme et la répression ainsi que par des conflits sectaires et religieux, environnement idéal pour l'émergence d'une idéologie radicale motivée par une violence aveugle.
Toutefois pour Israël, sa tentative de connecter les deux peut se révéler rentable régionalement et internationalement. Beaucoup de publications arabes n'ont aucun scrupule à se référer à l'organisation terroriste en tant que « Etat islamique » alors qu'elle n'en est pas un, tandis que bien des organes de presse occidentaux adoptent l'amalgame israélien « Hamas = Daech » sans la moindre réticence. Les régimes arabes ne se préoccupent pas de défendre l'image du Hamas. Même l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) ne semble pas se soucier de défendre l'image internationale du Hamas, vu les divisions politiques entre Fatah et Hamas.
Le Hamas est considéré comme faisant partie de la Société des Frères Musulmans en qui les régimes arabes autoritaires voient une menace, en particulier ceux du Mashreq arabe. Pour ces régimes arabes, une manière de combattre les Frères musulmans est donc d'alléguer qu'ils ont un fond commun avec Daech voire qu'ils sont synonymes, comme le prétend le régime égyptien, puis de s'en servir pour justifier l'exclusion des Frères musulmans de la vie politique.
Les événements accélérés de ces cinq dernières années en Egypte, pays qui offre l'unique issue à la bande de Gaza, ont repoussé le Hamas dans son économie informelle des tunnels. La position égyptienne officielle après le coup de Sisi contre le président élu Mohammed Morsi s'est durcie à l'encontre de la bande de Gaza, sous prétexte que le Hamas coopérerait avec des groupes djihadistes dans le Sinaï - la même version que soutiennent Israël et ses médias.
Cette version présente néanmoins des imperfections. Il est trop risqué pour le Hamas d'entretenir des relations étroites avec les djihadistes du Sinaï d'une part, tout en réprimant des individus partisans de la même idéologie à Gaza, d'autre part. Les seuls liens que le Hamas a établis avec ces groupes se limitent à satisfaire aux besoins de l'enclave assiégée par Israël et l'Egypte. Cette interaction n'est pas motivée par une identité idéologique partagée ni par une hostilité commune envers le régime égyptien. En effet, le Hamas s'est efforcé de préserver la communication avec le régime égyptien même lorsque des médias ont porté des accusations amalgamant le Hamas et des groupes djihadistes salafistes du Sinaï. Le Hamas a aussi déclaré à plusieurs reprises qu'il souhaite reconstruire la relation avec l'Egypte pour assurer le flux légal de marchandises, de services et de personnes à destination de Gaza.
L'argumentation qui suit veut démontrer les différences réelles entre Hamas et Daech ainsi que l'inimitié très réelle qui les sépare.
Des doctrines différentes
Le Hamas lui-même se positionne comme un mouvement islamique du centre, extension des Frères musulmans, doté d'une autorité d'interprétation jurisprudentielle, alors que Daech adopte une approche littérale des textes musulmans totalement isolés de leur contexte historique et refuse de les interpréter à la lumière des événements d'aujourd'hui. Dès lors, du point de vue de Daech et d'autres groupes fondamentalistes en général, des mouvements tels que le Hamas sont laïques et non islamiques, puisque au départ le Hamas est un mouvement de résistance contre l'occupation israélienne et croit en une autorité islamique modérée.
En outre le Hamas ne prend pas les textes islamiques à la lettre ; il permet « l'ijtihad » - l'interprétation et l'usage de la retenue dans le jugement. Certains analystes ont classé ces mouvements sur une ligne horizontale, avec la droite représentant les défenseurs du texte et la gauche représentant les défenseurs de la raison. Si on se sert de cette classification les Frères musulmans se trouverait bien à gauche de la ligne tandis que Daech serait à l'extrême droite.
Daech qualifie le Hamas et son discours de déviants. Le Hamas quant à lui a condamné les menaces de Daech, qu'il considère comme faisant partie d'une campagne de diffamation qui va au-delà de la Palestine. Quand les menaces de Daech et d'autres groupes fondamentalistes se sont concrétisées dans les actes, le Hamas ne s'est plus limité à des condamnations.
Mahmoud al-Zahar, un éminent dirigeant du Hamas, a déclaré : « Les menaces de Daech peuvent se ressentir sur le terrain, et nous gérons la situation d'un point de vue sécuritaire. Quiconque porte atteinte à la sécurité sera traité conformément à la loi, et quiconque veut débattre intellectuellement pourra débattre intellectuellement ; nous prenons cette affaire au sérieux ».
En fait le Hamas avait traité fermement un groupe salafiste. En août 2009, Abdoul Latif Mousa, chef du groupe armé Jund Ansar Allah ('soldats des partisans de Dieu') annonçait la création d'un émirat islamique à Gaza, dans la mosquée Ibn Taymiyyah. Auparavant ce groupe avait été accusé de la destruction de cafés et d'autres salles dans la bande de Gaza, poussant le gouvernement Hamas à la confrontation. Les forces de sécurité, renforcées par les Brigades al-Qassam (l'aile militaire du Hamas), ont encerclé la mosquée et, le groupe de Mousa refusant de se rendre, le Hamas a étouffé le projet d'émirat dans l'œuf en tuant les membres du groupe. Le Hamas a été critiqué pour son recours à la violence mais il a justifié ses actions en arguant que la violence qui aurait pu être perpétrée par de tels groupes aurait été bien pire que celle utilisée pour éradiquer l'extrémisme de la bande de Gaza.
Les partisans de Daech à Gaza sont beaucoup moins nombreux que ceux du Hamas, surtout parce que ces groupes n'ont pas contribué historiquement à résister à l'occupation. Selon certains sondages, 24 % des Palestiniens ont une opinion positive sur les mouvementsd jihadistes, mais ce pourcentage est exagéré. Quand certains Palestiniens applaudissent à l'animosité des groupes djihadistes envers les Etats-Unis, ce n'est pas parce qu'ils croient en ces groupes mais plutôt parce qu'ils voient que les Etats-Unis, éternels soutiens d'Israël, jouent un rôle destructeur.
Des positions différentes sur l'Etat
Le Hamas et Daech divergent dans leur vision de l'État moderne, tant sur la théorie que sur la pratique. Comme noté plus haut, le Hamas a toujours permis l'ijtihad ('discrétion'), et l'évolution de ses idées et de ses opinions. Il n'est donc pas juste d'évaluer la position de Hamas sur l'état civil et la démocratie en se basant sur les textes pionniers du mouvement-mère, la Fraternité musulmane. Le Hamas soutient qu'il a adopté des convictions nouvelles à cet égard et qu'il est parvenu à l'adhésion pleine et entière à la démocratie et au concept d'état de droit.
En effet les Frères musulmans eux-mêmes ont évolué. Basé au Qatar, le Cheikh Yousef al-Qaradâwî, autorité jurisprudentielle générale des Frères, a affirmé à de nombreuses occasions, notamment dans son livre sur l'État dans l'islam, que le concept d'état religieux n'existe pas dans l'islam. Selon lui, l'islam défend un état civil fondé sur le respect de l'opinion du peuple basée sur l'islam et fondé également sur le principe de la responsabilité et du pluralisme politique. Même si le débat sur les relations entre islam et démocratie date d'avant les Frères musulmans, il s'est clarifié après les années '50, quand de nombreux penseurs de l'islam, y compris al-Qaradâwî, le Tunisien Rached Ghannouchi, dirigeant et cofondateur d'Ennahda et le philosophe algérien Malek Bennabi, ont affirmé qu'islam et démocratie ne sont pas en contradiction.
A l'opposé, le mouvement que représente Daech rejette la démocratie dans son entier et la considère comme un système de gouvernement apostat. Même si certains groupes djihadistes ne dénoncent pas comme apostats les islamistes qui participent au processus démocratique, il considèrent par ailleurs que leur jugement est biaisé. Daech juge toute expression démocratique, les élections par exemple, comme une manifestation hérétique, de même que tout mouvement ou tout individu qui participe à des élections.
Au contraire les Frères musulmans ont participé à des élections depuis les premiers jours, lorsque leur fondateur Hassan al-Banna décida de concourir aux élections parlementaires égyptiennes que voulait le parti Wafd en 1942 [sous la monarchie]. Bien que sa candidature ait été rejetée par le gouvernement, les Frères musulmans ont siégé dans des Parlements arabes et parfois dans l'exécutif.
Lorsque le Hamas décida de ne pas participer aux élections de l'Autorité palestinienne en 1996, il réaffirmait sa position idéologique et politique envers les Accords d'Oslo. Le Hamas autorisa néanmoins ses membres à être candidats indépendants à ces élections. Quand les circonstances eurent changé et que l'Accord du Caire de 2005 devint le cadre régissant les élections AP au lieu des Accords d'Oslo, le Hamas décida d'y participer. Il nomma candidats de nombreux membres du mouvement ainsi que certains indépendants sur une liste 'Changement et Réforme' pour le Conseil Législatif, et il remporta la majorité des voix.
En participant aux élections, le Hamas a fourni la preuve qu'il est disposé à servir dans un état moderne et un système démocratique. Il a appelé à des gouvernements de coalition intégrant des partis de gauche et laïques. Son cabinet, de même que sa liste parlementaire, comprend des femmes et son premier gouvernement comprenait des ministres musulmans et chrétiens.
Daech, lui, s'est retourné contre toutes les institutions modernes dans les zones sous son contrôle, refusant de reconnaître les frontières ou l'identité nationales. Sa loi est celle du chaos et de l'arbitraire individuel. Même s'il aime utiliser une terminologie administrative dérivée de la tradition islamique comme califat et shoura (consultation), l'essence de sa gouvernance contredit à bien des égards la majorité des textes incontestables dans les sources de la législation islamique. Par exemple, il ne respecte pas les conditions fixées dans le Coran et la sounna (les enseignements du prophète Mahomet) sur la déclaration de guerre, la protection des civils et le traitement des prisonniers en temps de guerre. Autre exemple : il impose la djizya (impôt pour les non musulmans), qui n'est pas censée être appliquée aux habitants autochtones même s'il ne sont pas musulmans. En outre il s'est attaqué à des lieux de culte et a agressé les croyants dans leurs maison, violant ainsi le Coran et la sounna.
A certains égards Daech ressemble à ces régimes hybrides dans le Tiers Monde qui se servent d'une terminologie moderne et démocratique pour décrire leur processus politique même si ce dernier demeure fondamentalement autoritaire.
Positions opposées dans le traitement de l'Autre
La différence la plus significative entre Hamas et Daech est leur position à l'égard des croyants d'autres religions. Au cours de sa formation, le Hamas a publié une Charte usant d'un vocabulaire religieux pour décrire le conflit. Suite à la sévérité des critiques, le Hamas a effectivement écarté cette Charte et il ne la considère plus comme une référence d'autorité, comme l'ont confirmé certains de ses dirigeants.
Dans son interview au quotidien The Jewish Daily Forward, Moussa Abu Marzouk, numéro deux du Bureau politique du Hamas, confirmait que la Charte était dans les marges pour le mouvement, et non une source de sa politique. Il ajoutait que beaucoup de membres parlaient de la modifier parce que plusieurs éléments de la politique actuelle du Hamas sont en contradiction avec ce texte. Ghazi Hamad, dirigeant du Hamas basé à Gaza, est même allé plus loin lors d'une discussion avec le journal saoudien Okaz, disant que la Charte faisait l'objet de discussions et d'une réévaluation dans le sens d'une ouverture au monde. Sami Abu Zuhri, jeune dirigeant du Hamas qui fut porte-parole du mouvement pendant la deuxième intifada, dans une interview au Financial Times, demanda instamment que l'on ne se focalise plus sur la Charte de 1988 et que le Hamas soit jugé sur les déclarations de ses dirigeants.
Aujourd'hui, le Hamas adopte le verset coranique qui dit : « « Allah ne vous défend pas d'être bienveillants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus à cause de votre foi et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Dieu aime les équitables » [Coran, Sourate 60, verset 8]. Ce verset appelle à la bienveillance et à la justice dans les relations avec des personnes d'autres religions. Contrairement à Daech, le Hamas l'a appliqué dans la pratique. Outre la nomination de ministres chrétiens dans son cabinet, il fête Noël avec les Palestiniens chrétiens en envoyant des délégations officielles leur rendre visite pendant la Fête. A l'opposé, Daech a menacé de mort ceux qui célèbrent Noël dans le monde.
Certains diront peut-être que ces démarches sont pour le Hamas des façons d'édulcorer son autoritarisme. Cependant il y a peu de différence entre le gouvernement du Hamas et du Fatah. Les violations des droits humains commises par le gouvernement de Gaza ne peuvent être considérées comme indiquant une ressemblance à Daech, mais plutôt comme indicatrices d'une incurie gouvernementale.
La direction politique du Hamas a dénoncé de telles pratiques à l'occasion, par exemple celle perpétrée par le Ministère de l'Intérieur sous Fathi Hammad. Quand certaines personnes ont été attaquées par des groupes extrémistes à Gaza, le Hamas et le gouvernement ont agi pour assurer leur sécurité et punir les agresseurs, comme dans le cas du journaliste britannique Alan Johnston, qui fut libéré par le Hamas des mains de ses ravisseurs fondamentalistes, et dans le cas du militant italien Vittorio Arrigoni.
La position du mouvement à l'égard des chiites est pareille à celle envers les chrétiens. A une époque où le Moyen-Orient connaît une guerre des médias entre chiites et sunnites, le Hamas refuse de dénoncer les chiites comme hérétiques, et il a des contacts politiques avec eux. Quand la relation avec l'Iran s'est tendue au cours de la crise syrienne, le désaccord était politique plutôt que doctrinal. Quant à Daech, non seulement il considère les chiites comme apostats mais aussi tous les autres groupes sunnites qui ont une idéologie différente, et il croit qu'il faut les combattre.
Même le traitement de l'ennemi diffère entre les deux organisations. Le Hamas identifie l'occupation israélienne comme l'ennemi, tandis que Daech considère tout un chacun comme son ennemi. Daech s'est vanté de ses nombreux crimes contre l'humanité dans le traitement réservé à ses prisonniers et aux civils sous sa loi, notamment d'avoir brûlé vif le pilote jordanien Mouath al-Kassaesbah. Il a tenté de légitimer son comportement inhumain en faussant ou en mésinterprétant des textes religieux. Le Hamas a présenté ses condoléances à la famille Kassaesbah et a condamné les actes de Daech. Le contraste est grand entre la brutalité de Daech et le traitement par le Hamas du soldat israélien Gilad Shalit pendant sa captivité, comme l'a même reconnu le Jerusalem Post.
Faire progresser les relations avec le Hamas
Le Hamas tout comme Daech sont sur la liste des organisations terroristes dans bien des pays y compris les états membres de l'UE et les Etats-Unis. Mais la discrimination du Hamas a clairement une motivation politique : contrairement à Daech, le Hamas n'a jamais visé ni appelé à viser une entité autre que l'occupation israélienne. Le Hamas a été ajouté à la liste des organisations terroristes dans la foulée des événements du 11 septembre 2001 même s'il n'avait rien à voir avec cette attaque terroriste.
La nature politique de la position anti-Hamas est mise en évidence par le fait que la justice de l'Union européenne, a annulé, le 17 décembre 2014, les décisions du Conseil européen maintenant le Hamas sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne. Le Tribunal arguait que l'inscription du Hamas sur la liste, en 2003, reposait sur des imputations factuelles tirées de la presse et d'Internet plutôt que sur des preuves solides.
D'ailleurs beaucoup de dignitaires européens et américains connus pour leur position affirmée contre les organisations terroristes dans le monde ont rencontré le Hamas à plus d'une occasion, notamment des parlementaires européens et l'ancien président étatsunien Jimmy Carter, qui a rencontré Ismaël Haniyeh en 2009 et Khalid Mechaal au Caire en 2012.
Tout cela pour dire que la tentative israélienne d'exploiter le chaos moyenoriental en impliquant le Hamas comme groupe terroriste lié à Daech est sans fondement. Idéologiquement, intellectuellement, juridiquement et politiquement le Hamas est différent de Daech. Les organes de presse qui adoptent la version israélienne entachent leur professionnalisme et leur crédibilité. Les mouvements palestiniens ne doivent pas permettre qu'un désaccord avec le Hamas justifie des accusations qui nuisent à la cause palestinienne au niveau international et crée des tensions localement.
Le Hamas doit aussi prendre conscience que les divergences entre lui et Daech ne signifient pas que son contrôle de Gaza est exempt d'abus et de violations des droits humains : aussi devrait-il réexaminer sa conduite et être plus mesuré dans son discours politique. Il devrait s'éloigner de l'approche consistant à tenir un discours pour les consommateurs locaux et un autre pour la consommation mondiale, car chaque parole exprimée par un dirigeant du Hamas est exploitée à l'étranger comme un message du Hamas adressé au monde.
Quand l'OLP, menée par le Fatah, et les régimes arabes, surtout en Egypte, ne font pas barrage aux tentatives de lier le Hamas à Daech - voire contribuent parfois à ces efforts - il peuvent « bénéficier » à court terme d'un affaiblissement du Hamas en tant qu'opposant politique. Toutefois le risque inhérent est celui de déstabiliser la société palestinienne à moyen et à long terme. Exclure des islamistes modérés pourrait pousser la société palestinienne dans les bras du radicalisme, auquel cas Fatah aussi bien que Hamas se retrouveraient en train de combattre des groupes fondamentalistes.
al-Shabaka - Vous pouvez consulter cet article à :
https://al-shabaka.org/briefs/why-i...
Traduction : Info-Palestine.eu - Marie Meert
http://www.info-palestine.net/spip.php?article15935

Alter Info l'Information Alternative

Source

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
SÉPARATION DU CRIF ET DE L’ETAT !

Chères amies, Chers amis,

 

Dans un contexte toujours plus dramatique en Palestine occupée,

- où une jeunesse exaspérée par une occupation qui n’en finit pas, par le vol de ses terres, les démolitions de ses maisons, se soulève,

- où les grèves de la faim se multiplient dans les geôles de l’occupant, qui n’hésite pas à kidnapper artistes (même un clown !), footballeurs, défenseurs des droits de l’Homme,

- où de nouveaux rapports émanant d’ONG israéliennes témoignent du caractère systématique de la torture pratiquée par Israël sur les adultes et les enfants palestiniens,

- où les opposants israéliens sont eux aussi incarcérés, comme la jeune Tair Kaminer parce qu’elle refuse de servir dans une armée d'occupation

 

Nos dirigeants français, n’ont rien trouvé de mieux à faire qu’apporter une fois de plus leur soutien à l’occupation et à la colonisation, en s’attaquant au mouvement pacifique et citoyen de Boycott contre l’Etat d’apartheid Israélien.

 

 

SÉPARATION DU CRIF ET DE L’ETAT !

 

Ceux qui iront une fois de plus ce lundi soir prêter allégeance au lobby israélien lors de son rituel avilissant, un dîner lourd de menaces pour celles et ceux qui voudraient établir une séparation entre le CRIF et l’Etat, transforment de plus en plus la France en une colonie israélienne.

 

Israël panique devant la progression internationale de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissemnt, Sanctions,) et demande qu’on bâillonne par tous les moyens celles et ceux qui appellent à sanctionner l’occupation. Nos gouvernants s'exécutent.

 

Les mêmes qui ont fait défiler des millions de Français pour la liberté d’expression, qui autorisent les appels, par toutes sortes d’individus, au boycott de tous les autres pays au monde, multiplient les mesures d’intimidation et de répression contre les femmes et les hommes qui répondent à l’appel des Palestiniens, en refusant de se rendre complices d’un régime fasciste, pratiquant le nettoyage ethnique de manière féroce.

 

Une militante a même été arrêtée ce dimanche après-midi à Paris, au sein d’une manifestation pour les droits des femmes, parce qu’elle portait un T-shirt appelant au boycott de l’Etat d’apartheid israélien ! Les RG avaient été chargés de regarder les vêtements des manifestants dans ce but : en plus des contrôles au faciès, on a maintenant le flicage des vêtements sur ordre du CRIF !!!

De très nombreuses personnes l’ont suivie devant le commissariat du 3ème. Elle a été relâchée peu après, mais elle est convoquée le lundi 14 mars à 14 H pour « Provocation à la haine en raison de l'origine par écrit ».

 

TOUS DEVANT LE Commissariat de police, 4bis-6 rue aux Ours, 75003 Paris (M° Etienne-Marcel ou Rambuteau) LE LUNDI 14 MARS À 14 H !

 

Eh bien, que cela soit dit une nouvelle fois : NOUS NE NOUS LAISSERONS PAS INTIMIDER !

 

Ni par l’éternel chantage à l’antisémitisme, ni par les mensonges de ceux qui tentent de faire croire que seul le boycott d’Israël serait illégal !

 

Le voeu de la Mairie de Paris n’a aucun caractère contraignant. Il montre seulement jusqu’où des élus qui prétendent nous représenter peuvent s’abaisser.

 

Un jugement d’un tribunal, fût-il la Cour de Cassation, n’a pas force de loi, non plus.

 

Pas plus qu’une circulaire pourrie donnant des consignes liberticides aux parquets.

 

Donc, nous conseillons à Cukierman, Prasquier, Taieb, Ghozlan, et toute la clique, de profiter du dîner de c… de ce soir pour demander un autre petit cadeau à Hollande.

 

Celui-ci ayant montré qu’il n’est pas à court d’idées pour promouvoir des mesures liberticides, racistes, et faire table rase des droits conquis par l’ensemble des travailleurs, il pourrait bien tenter, pour faire plaisir à Netanyahu et Lieberman, de faire voter une loi stipulant que tous les appels au boycott sont autorisés sauf celui d’Israël ?

 

Pendant ce temps, BDS s’amplifie dans le monde entier, malgré l’offensive israélienne qui dévoile à quel point cette campagne fait peur à l’occupant.


 

ARMES DE DÉRISION MASSIVES

 

Nous résisterons par tous les moyens, y compris par les armes de dérision massives.

 

Le clip « J f’rai plus le boycott » a dépassé les 50.000 vues en quelques jours. 

 

Et il a désormais des sous-titres en anglais, en espagnol et en italien !

 

Alors faites-en profiter vos amis sans modération :

 

https://www.youtube.com/watch?v=L5QPni0S8EA

 

Pour obtenir les sous-titres dans la langue de votre choix (y compris le français), cliquer sur le rectangle blanc en bas et à droite de youtube

 

 

TOUS À LA LIBRAIRIE RÉSISTANCES

 

LE SAMEDI 12 MARS de 14 H à 20 H !

 

Journée Découverte de la librairie Résistances, et de la Palestine, au travers des livres, de films, spectacles et débats, ainsi que de l’artisanat palestinien.

Et en prime, la présentation de son dernier livre « L'échange », sur les prisonniers palestiniens, par Christophe Oberlin.

 

Notez bien la date et venez avec vos amis et en famille (animations prévues pour les enfants) : 

Librairie Résistances : 4 Villa Compoint, 75017 Paris (angle 40 rue Guy Moquet - M° Guy Moquet ou Brochant, ligne 13 ; bus 31, arrêt Davy-Moines)

http://www.europalestine.com/spip.php?article11611

 

Amicalement,

CAPJPO-EuroPalestine

Pas encore abonnés à notre newsletter ? Il suffit de rentrer votre adresse email en haut et droite de la page d’accueil de notre site http://www.europalestine.com


Alter Info l'Information Alternative

Source

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
Au regard du droit, le régime sioniste est un régime d’apartheid et son boycott est légitime

J’ai eu vraiment plaisir à traduire cet article de Ben White, un militant pro-palestinien très connu en Grande Bretagne.

La traduction est perfectible, j’en suis bien conscient, mais je suis heureux de proposer ce texte à tous ceux qui s’intéressent à la cause palestinienne et à la question de la liberté des peuples en général.

Ben White a écrit ce texte dans un contexte marqué en Grande Bretagne comme en France mais aussi au Canada par une offensive de ceux qui sont opposés aux campagnes BDS, c’est-à-dire Boycott Désinvestissement et Sanctions à appliquer à l’entité sioniste.

Une offensive concertée et sans douté décidée à Tel Aviv avant d’être relayé jusque dans nos mairies.

boycott total

Ben White

 

Qualifier d’apartheid l’occupation israélienne de la Palestine n’est ni de la simplification, ni de la provocation – c’est un constat de fait.

Non seulement ce constat a le soutien des Sud-Africains qui ont lutté contre l’apartheid mais la situation correspond à la définition [de l’apartheid] selon le droit international.

Par Ben White, The Independent (UK) 24 février 2016 traduit de l’anglais par Djazairi

Cette semaine, j’ai participé à des événements organisés dans le cadre de la Semaine de l’Apartheid Israélien qui chaque année « vise à éveiller les consciences sur le projet colonial israélien en cours et les politiques d’apartheid appliquées à la population palestinienne. »

Aux yeux de certains, parler d’un « apartheid » israélien peut leur sembler être juste un autre effet de manche utilisé par des militants. D’autres considèrent cela comme inutile, simplificateur, provocateur ou même antisémite.

Mais que disons-nous vraiment quand nous parlons d’un apartheid israélien ?

Tout d’abord, et surtout, il ne s’agit pas d’une analogie trait pour trait avec ce qu’était le régime sud-africain. Même s’il est vrai que de fortes personnalités de l’époque de la lutte anti-apartheid ont invoqué la comparaison. En 2002, par exemple, Desmond Tutu avait dit qu’un séjour en Palestine lui avait rappelé « beaucoup de choses qui nous étaient arrivées, à nous population noire d’Afrique du Sud. » Et en 2009, Tutu avait aussi approuvé un livre que j’avais écrit intitulé « Israeli Apartheid : A Beginner’s Guide » (l’apartheid israélien, un guide pour les débutants).

Il y a énormément de choses à dire sur ce qui s’est passé en Afrique du Sud et ce qui se passe en Israël et en Palestine. Mais cette comparaison n’a pas de rapport avec la recherche de savoir si parler d’apartheid israélien est juste ou adapté.

La raison en est que l’apartheid est un crime en droit international, indépendamment de ce qu’a connu l’Afrique du Sud. Le protocole additionnel de 1977 aux Conventions de Genève de 1949, cite l’apartheid comme une « grave violation » qui n’a « aucune limitation géographique« .

boycott_combined_image.jpg

Le boycott a été et reste un moyen de lutte légitime

L’apartheid est aussi qualifié de « crime contre l’humanité » dans le statut de Rome de la Cour Pénale Internationale adopté en 1998 – quatre ans après la fin officielle de l’apartheid en Afrique du Sud.

Le statut de Rome définit l’apartheid comme des actes inhumains « commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime »

Les lois et les pratiques israéliennes répondent-elles à cette définition ? Selon les termes mêmes du Département d’Etat des Etats Unis, les Palestiniens font face à « une discrimination institutionnelle et sociétale. » Elle touche des domaines comme l’immigration et la vie de famille, le logement et le foncier.

Il n’existe aucune garantie d’égalité, et les défenseurs des droits de l’homme ont identifié plus de cinquante lois discriminatoires.

En Cisjordanie, l’Etat juif a créé et établi un réseau de colonies illégales dont les habitants – des citoyens d’Israël – vivent parmi des Palestiniens qui sont soumis à la loi martiale. Pendant que les colonies s’étendent, les maisons palestiniennes sont démolies.

Récemment, selon les termes de l’ONG israélienne pour les droits de l’homme B’Tselem, les autorités israéliennes ont « accentué leurs efforts pour expulser des villages palestiniens de vastes zones de la Cisjordanie » – c’est du nettoyage ethnique.

Entre le 1er janvier et le 15 février de cette année, selon les chiffres des Nations Unies, les forces israéliennes ont détruit ou confisqué 283 maisons et autres structures palestiniennes, déplaçant 404 personnes.

Un haut fonctionnaire de l’ONU a expliqué que si la plupart de ces démolitions « ont été pratiquées sur la base de l’argument juridique spécieux que ces Palestiniens n’avaient pas de permis de construite, » les chiffres israéliens eux-mêmes montrent que « seulement 1,5 % des demandes de permis déposées par des Palestiniens sont acceptées. »

Amnesty International a décrit le « déni officiel de participation à la planification [d’occupation du sol] pour toute une population, couplé avec l’établissement d’un système parallèle de planification pour les colonies israéliennes qui est une discrimination explicite en faveur d’une autre population dont la fait même de vivre dans le territoire en question enfreint le droit international » comme  » unique au monde ».

Dans la bande de Gaza, les Palestiniens continuent à souffrir sous un blocus israélien qui constitue un châtiment collectif illégal. Quant d’Israël ne conduit pas ses horribles attaques à grande échelle sur ce territoire entièrement clôturé, il y a des attaques de routine contre des pêcheurs et des paysans palestiniens.

En fait, les Palestiniens de Gaza sont en majorité des réfugiés dont les terres se trouvent à seulement quelques kilomètres plus loin dans le territoire israélien d’avant 1967. Ce qui nous rappelle le fait que la « majorité juive » d’Israël a été obtenue au prix de l’expulsion des Palestiniens et n’est maintenue que la perpétuation de leur exclusion.

Ce n’est là qu’un échantillon – mais le point essentiel ici est que les crimes d’Israël ne sont pas des « aberrations ». Ce ne sont pas les agissements de quelques généraux excités ou d’un gouvernement d’une droite particulièrement extrême. Nous parlons ici d’une législation qui fixe un cadre et de politiques poursuivies par l’Etat depuis des dizaines d’années.

Nous parlons donc, ainsi que le statut de Rome l’énonce, « d’actes inhumains…commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé ». C’est pourquoi le Comité des Nations Unies pour l’Elimination de la Discrimination Raciale a exhorté Israël à « éradiquer » toutes les pratiques qui enfreignent la prohibition de la « ségrégation raciale et de l’apartheid. »

Rejeter tous ces éléments au motif qu’Israël « ce n’est pas la même chose que l’Afrique du Sud » revient à passer à côté du sujet, de la même manière que blanchir la discrimination systématique simplement parce qu’il y a un « Arabe » à la Cour Suprême israélienne (un seul sur 66 juges aujourd’hui comme hier) n’est que de la symbolique à bon marché.

Les faits sont clairs. C’est l’apartheid israélien qui devrait susciter l’indignation – pas les campagnes (ou les boycotts) en faveur des droits élémentaires des Palestiniens.
https://mounadil.wordpress.com/


Alter Info l'Information Alternative

Source