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Culpabilisation et intimidation de la communauté palestinienne Culpabilisation et intimidation de la communauté palestinienne

Samah Jabr 
Middle East Monitor – 2 novembre 2015
 
À la différence de la façon dont les Palestiniens sont traités, les agresseurs israéliens n’ont été ni tirés à vue, ni qualifiés de terroristes ; leurs noms n’ont pas été rendus publics et leurs maisons n’ont pas été démolies ; au lieu de cela, nous avons été informés qu’ils étaient psychologiquement « tourmentés ». 
 
L’incitation est une accusation « taillée sur mesures », montée spécialement pour effrayer les Palestiniens qui expriment une opposition face à un durcissement de la politique israélienne qui déjà suffoquait la communauté. Les forces de sécurité israéliennes, par exemple, ont mis en place une « section arabe » dans leur département cybernétique, section qui est chargée de scanner les médias sociaux. L’un parmi tous ceux qui ont été arrêtés en raison de leurs publications sur leur compte Facebook est un jeune qui a écrit « Apportez des oignons avec vous » ; les oignons étant considérés comme un antidote contre les gaz lacrymogènes lancés sur les manifestants par les soldats et la police.
Le directeur du ministère israélien de l’Éducation, le général Michal Cohen, a demandé une enquête sur un proviseur et enseignant d’une école primaire de Jérusalem-Est, qui était accusé d’incitation contre les soldats. D’après le ministère, l’école se livrait à une « propagande politique illégale » en permettant que soit jouée une pièce de théâtre dans laquelle un soldat est présenté comme « violent et meurtrier, (alors qu’) il tire sur un enfant palestinien ». Le ministre de l’Éducation, Naftali Bennet, a prévenu que « les enseignants qui autoriseront cette pièce seront traités sans réserve ».
Même si beaucoup des mises à mort, des arrestations et démolitions de maisons qui ont lieu en Palestine visent des enfants en âge scolaire, il est clair que leurs conseillers et enseignants ont l’interdiction de se donner l'occasion de s’exprimer et d’agir à travers de telles expériences difficiles. Quand les enfants reproduisent symboliquement leur réalité dans un jeu post-traumatique, ou quand les adultes tentent d’apaiser leur anxiété en partageant des informations sur les médias sociaux, ils font le constat que ces réactions ne sont pas autorisées par les Israéliens et sont sanctionnées en tant qu’ « incitation », comme si les épouvantables réalités créées par Israël ne suffisaient pas en elles-mêmes pour « inciter » la population à résister à l’occupation.
Quelles sont ces réalités ? De nouvelles lois et politiques visant à humilier et à discriminer les Palestiniens ont été publiées par le cabinet israélien, telle « la loi pour l’interpellation et la fouille » ; la fermeture progressive de Jérusalem aux Palestiniens venant de Cisjordanie ; l’ajout de nouveaux check-points avec des blocs de béton qui barrent le passage et des détecteurs de métal ; la restriction de l’accès des Palestiniens au Noble Sanctuaire d’Al-Aqsa ; l’intensification des opérations de police dans les quartiers palestiniens ; l’assouplissement des restrictions à l’utilisation des munitions de guerre contre les manifestants ; la mise hors la loi des organisations civiles ; l’interdiction de voyager pour les militants ; le nombre croissant des arrestations administratives arbitraires ; la démolition rapide des maisons des familles des combattants palestiniens ; l’autorisation pour de nouvelles colonies de peuplement juives illégales en vertu de la législation internationale ; et les projets pour révoquer les droits à résidence d’environ 230 000 Jérusalémites qui vivent à l’extérieur des limites nouvellement définies de Jérusalem. Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, se promène dans Jérusalem une arme à la main, et les juifs portent de plus en plus ostensiblement des armes ; les acquisitions d’armes par les citoyens israéliens ont augmenté de 5000 % au cours du mois passé.
Pendant que les Israéliens débattent de la peine de mort pour les Palestiniens dans leurs commissions ministérieles et à la Knesset, l’armée, les forces de police et les colons procèdent à la traque des Palestiniens dans les rues et à leurs exécutions extra-judiciaires. Puis, avec l’aide des médias, ils fabriquent des récits pour expliquer l’assassinat de nos jeunes. Les soldats israéliens pratiquent une politique du tirer pour tuer contre les manifestants sans armes à la frontière de Gaza, tuant et blessant des Palestiniens qui ne présentent aucun danger, ainsi que de présumés agresseurs, et des passants. Dans les quelques cas où une preuve par vidéo a été disponible, il a été possible de réfuter les allégations portées par la police et les soldats israéliens. C’est ainsi que l’organisation israélienne pour les droits de l’homme, B’Tselem, tire la conclusion que la fusillade contre Bassel Al-Sider et Fadi Alloun « soulève une vive inquiétude avec les forces de sécurité qui tirent pour tuer, même quand manifestement les Palestiniens ne constituent plus une menace et qu’ils pourraient être appréhendés d’une autre façon ». Amnesty International a fait le constat que le meurtre de Hadeel Hashlamoun constituait une exécution extra-judiciaire. Nous avons entendu le témoignage de témoins oculaires et vu des vidéos de situations où les soldats israéliens ont placé un couteau près des corps de jeunes palestiniens après qu'ils ont été abattus et tués.
La facilité avec laquelle les Palestiniens sont tués a débouché sur l’assassinat de non-Palestiniens qui « ressemblaient à des Arabes ». Un Israélien juif possédant un fort accent et l’apparence d’un « Arabe », Simcha Hodadtov, a été tué par l’armée à la gare routière centrale de Jérusalem ; les médias ont publié aussitôt qu’il s’agissait d’un Palestinien qui avait tenté de s’emparer de l’arme d’un soldat. Par la suite pourtant, les médias ont dû revenir sur leur première version quand un membre de l’organisation ZAKA, qui accompagne les corps des morts, s’est rendu compte que le défunt était en réalité un juif et il a dû échanger la housse mortuaire noire servant à identifier les corps des Palestiniens contre la housse blanche réservée aux Israéliens juifs.
Ceci est arrivé une semaine après le lynchage de Haftom Zarhum, un immigrant érythréen de 29 ans, par les Israéliens qui avaient supposé qu’il avait participé ou été complice dans une attaque à Beersheba. Juste avant ce meurtre, Ben Tzion Mutsafi, un rabbin important de Jérusalem et directeur d’une Yeshiva, avait déclaré, « pour les terroristes qui sont arrêtés, il est ordonné de leur taper la tête contre le sol jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une goutte de vie en elle ». Telle avait été sa réponse quand l’un de ses élèves avait demandé s’il lui était permis de frapper, de donner des coups de pied ou de tirer sur un terroriste qui avait été attrapé et immobilisé, ou s’il y avait une interdiction biblique et/ou rabbinique pour de tels actes. Ce qui est arrivé à l’Érythréen n’a été que la traduction d’un tel enseignement dans sa pratique ; nous avons vu un soldat frapper à coups de pied Zarhum à la tête alors qu’il était étendu ensanglanté sur le sol de la gare routière. Un autre homme a soulevé un banc et l’a laissé retomber sur la tête de la victime. Apparemment, la seule erreur commise a été que cet affreux traitement était destiné à un vrai Palestinien, afin d’ « effrayer et dissuader la communauté ».
Dans le cas de l’Israélien juif orthodoxe qui a poignardé un autre juif, Uriel Razkan, à Kiryat Ata en périphérie de Haïfa, et dans celui des « adolescents israéliens » poignardant quatre Palestiniens à Dimona, la police a seulement retenu un moment les auteurs. Ils n’ont été ni tirés à vue, ni qualifiés de terroristes ; leurs noms n’ont pas été rendus publics et leurs maisons n’ont pas été démolies ; au lieu de cela, nous avons été informés qu’il s’agissait de personnes psychologiquement « tourmentées ».
Toutes ces formes d’intimidation sont destinées à créer un effet dissuasif sur les assaillants potentiels. Les graves conséquences pour les familles et les communautés de ceux qui sont accusés d’être des combattants visent à induire leur culpabilité et à aboutir à la condamnation de ceux qui résistent à l’occupation. Cependant, Israël est en train de plus en plus de franchir les limites de l’éthique, violant toujours plus les droits humains et devenant toujours plus sanglant et détesté. Pour rassurer l’opinion israélienne, le cabinet va promettre de punir plus encore les Palestiniens. En  recourant à un néofascisme et à une répression intensifiée, Israël peut, peut-être, vaincre et tuer quelques Palestiniens, mais il va s’enfoncer définitivement et plus encore dans un échec moral, et il fera de la Palestine occupée le lieu le moins sûr de la terre pour les juifs.
 
Samah Jabr est Jérusalémite, psychiatre et psychothérapeute, dévouée au bien-être de sa communauté, au-delà des questions de la maladie mentale. 
Traduction : JPP pour les Amis de Jayyous
https://www.middleeastmonitor.com/articles/middle-east/22036-incriminating-and-intimidating-the-palestinian-community
 

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La France réprime désormais plus durement les appels au boycott qu'Israël lui-même La France réprime désormais plus durement les  appels au boycott qu'Israël lui-même.
Ali Abunimah,  The Electronic Intifada
 
Le 20 octobre, la Cour de cassation, la plus haute juridiction de France, a confirmé la condamnation de douze militants du mouvement de solidarité avec la Palestine, pour avoir appelé publiquement au boycott des produits israéliens.
 
La décision de la Cour de cassation ajoute à l’inquiétude déjà grande que suscitent les graves violations de la liberté d'expression soutenues par le président français François Hollande, depuis l’assassinat des journalistes dans les bureaux du magazine Charlie Hebdo en janvier.
 
Elle fait aussi de la France, le seul pays, avec Israël, à pénaliser les appels à ne pas acheter de produits israéliens.
 
Mais la loi française, qui comprend des sanctions pénales, est plus sévère que celle d'Israël qui permet de poursuivre les partisans du boycott pour préjudice financier, mais pas de les emprisonner.
 
« Une triste journée »
 
« Cette décision est une mauvaise nouvelle pour le respect de la liberté d'expression dans notre pays », a déclaré la Ligue des Droits de l'Homme, le groupe français de défense des droits humains qui a cent ans d’existence. « Cela révèle une volonté de museler toute critique de la politique des gouvernements d'Israël et toute opposition aux graves violations des droits humains dont ils se rendent coupables. » (Mais il faut noter que la Ligue des Droits de l'Homme a elle-même porté plainte contre deux militants BDS de Montpelier pour un post prétendument antisémite sur Facebook durant la guerre d'Israël contre Gaza de l'été 2014 -. un geste tout à fait incompatible avec son engagement déclaré en faveur de la liberté d'expression).
 
Le porte-parole de la Campagne BDS France a dit que la décision du tribunal faisait de cette journée, « une bien triste journée » pour la démocratie française puisqu’un appel à boycotter un état criminel qui viole les droits humains n’était plus considéré comme quelque chose qui va de soi », et que le gouvernement pouvait «fausser l'esprit de la loi chaque fois qu’elle dérangeait un allié politique. »
 
Le CRIF, le principal lobby pro-israélien de France, a salué la décision.
 
Les groupes français anti-palestiniens ont activement soutenu la répression judiciaire - sous couvert de lutte contre l'antisémitisme - en espérant qu'elle mettrait un terme à la campagne de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS).
 
La criminalisation de la protestation pacifique
 
En 2009 et 2010, une douzaine de militants du BDS, arborant des T-shirts exhortant au boycott des produits israéliens, sont entrés dans des supermarchés dans la ville de Mulhouse, à l’est de la France, et ils ont scandé des slogans et distribué des tracts.
 
Leur but, selon BDS France, était « d'informer les clients sur les problèmes éthiques liés à l'achat de marchandises en provenance d'Israël », notamment le fait que leur production « est partie intégrante de la situation d'apartheid imposée au peuple palestinien, de la dépossession de ses terres [et] du rejet du droit au retour des réfugiés. »
 
Mais en 2010, Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Justice, a donné la consigne aux procureurs de poursuivre les militants du BDS dans tout le pays.
 
En décembre 2011, les militants de Mulhouse ont été acquittés des accusations portées par les procureurs locaux, mais en 2013 une cour d'appel les a reconnus coupables en vertu d'une loi de 1972 qui permet de condamner jusqu'à un an de prison ainsi qu’à de lourdes amendes toute personne qui « incite à la discrimination, la haine ou la violence contre une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion particulière ».
 
Les militants ont été condamnés aux dépens, à des amendes et à des dommages et intérêts pour un montant total de 35 000 dollars.
 
La Cour de cassation a confirmé la condamnation de 2013.
 
« La nation israélienne »
 
Les militants ont été reconnus coupables de discours appelant à la « discrimination » contre des producteurs et des fournisseurs en raison de leur appartenance à la « nation israélienne ».
 
Ironie suprême dont les juges français n’ont apparemment pas conscience, la haute cour d'Israël elle-même a rejeté en 2013 l'existence d'une nation « israélienne ».
 
Israël ne reconnaît que la nationalité juive ainsi que d'autres catégories ethniques et sectorielles auxquelles il attribue ou refuse arbitrairement la citoyenneté.
 
Le magistrat français, Ghislain Poissonnier, décrit le contexte et fait l'analyse juridique de l'affaire de Mulhouse dans un article publié par l’AURDIP, un organe regroupant des universitaires qui défendent les droits des Palestiniens.
 
Il écrit que la loi de 1972, un amendement à la  loi française sur la presse de 1881, avait pour but de lutter contre la « discrimination à l'encontre des personnes physiques et n’avait en aucun cas pour objet d'interdire les appels pacifiques à boycotter les produits d'un Etat dont la politique [est] critiquée ».
 
Poissonnier ajoute que la Cour de cassation a violé des principes établis du droit français et européen, et que sa décision est d'autant plus contestable que les appels au boycott des produits d'autres états accusés de violer les droits de l'homme se sont multipliés ces dernières années.
 
Les juges, dit-il, n’ont pas tenu compte de faits essentiels : les actions dans les supermarchés étaient totalement pacifiques et les gérants de magasins n’ont pas porté plainte ; il n'y a pas eu d'atteinte à la liberté du commerce ; l'objectif des militants était de promouvoir le respect du droit international ; et les produits israéliens portent souvent des étiquettes frauduleuses pour cacher qu'ils viennent de colonies qui sont illégales en vertu du droit international. Les militants - et la campagne BDS en France - se sont, d'ailleurs, publiquement engagés contre toutes les formes de discrimination raciale et religieuse, y compris l'antisémitisme.
 
Autre ironie, le gouvernement français appuie, en ce moment, de toutes ses forces la mise en place de nouvelles règles à l'échelle européenne obligeant les produits des colonies à être clairement étiquetés pour que les consommateurs puissent les boycotter.
 
L’abolition de la liberté d'expression
 
Le journaliste et militant de la liberté d’expression, Glenn Greenwald, a dénoncé avec virulence l'hypocrisie de la liberté d'expression à la française depuis la marche de Paris, suite au massacre de Charlie Hebdo, « menée par des dizaines de dirigeants du monde entier, dont beaucoup emprisonnent ou même tuent les gens qui  expriment des opinions qui ne leur plaisent pas ».
 
Le leader de l'AP Mahmoud Abbas a rejoint les dirigeants du monde à Paris le 11 janvier pour marcher en faveur de la liberté d'expression, y compris le droit des caricaturistes français de représenter le prophète Mahomet d'une manière bestiale. Philippe WOJAZER Reuters
 
Dans un article de l'Intercept, Greenwald dit que l '« absurdité que la France se félicite de sa liberté d'expression » est clairement mise en lumière par la condamnation des militants de BDS.
 
« Il faut bien se rendre compte à quel point tout cela est pernicieux. Il est parfaitement légal de préconiser des sanctions contre l'Iran, ou la Russie, ou le Soudan ou à peu près n’importe quel pays », remarque Greenwald. « Mais il est illégal - criminel - de préconiser des boycotts et des sanctions contre un seul pays: Israël ».
 
Il note que les dirigeants des groupes anti-palestiniens en Europe veulent que la répression française serve de modèle à d'autres pays, un objectif partagé par le puissant lobby américain pro-Israël, l’AIPAC.
 
Le gouvernement canadien conservateur sortant du premier ministre Stephen Harper a déjà menacé de recourir à des lois contre les discours de haine pour cibler les militants BDS.
 
Compte tenu de son propre bilan d’attaques contre les militants BDS et de la cour qu’il fait à Israël ces derniers temps, il y a peu de raisons d'espérer que Justin Trudeau, le premier ministre entrant, issu du parti libéral, se montre moins intolérant.
 
Quant à la France, même le think tank Freedom House financé par le  Département d'Etat américain exprime son inquiétude devant les restrictions croissantes de la liberté d'expression.
 
Dans son dernier rapport annuel sur la liberté de l'Internet, la place de la France se dégrade sérieusement. Freedom House affirme que le gouvernement et la police sont passés en « surmultipliée » depuis la tuerie de Charlie Hebdo, qu’ils traduisent les gens en justice pour des choses qu’ils ont dites en ligne et qu’ils passent des décrets donnant aux ministres le pouvoir de bloquer des sites Web.
 
De telles mesures, affirme Freedom House, «menacent la liberté d'Internet dans le pays ».
 
L'un des cas cité par le rapport est celui du lycéen arrêté pour avoir publié une caricature ironique sur Facebook.
 
Le récent documentaire Je ne suis pas Charlie de James Kleinfeld suit le journaliste Max Blumenthal dans son tour de France. Le film, qu’on peut voir en ligne, se penche sur l'ambiance de racisme et d'oppression qui y règne depuis la tuerie de Charlie Hebdo.
 
Invaincus
 
Ghislain Poissonnier déplore qu’avec la décision de la Cour de cassation, « notre pays soit devenu le seul au monde - avec Israël - à pénaliser les appels civiques à ne pas acheter de produits israéliens ».
 
Il espère que les militants fassent appel de leurs condamnations devant la Cour européenne des droits de l'homme.
 
Elle est, selon lui, « traditionnellement plus protectrice de la liberté d'expression » que la justice française et donc « il y a des raisons d'espérer pour tous ceux qui ont été choqués par une décision qui laisse la France totalement isolée."
 
BDS France exige qu’il soit mis un terme aux poursuites des militants au titre du  décret Alliot-Marie de 2010 et réaffirme son soutien aux personnes condamnées pour de simples paroles.
 
La répression gouvernementale ne réussira pas à soumettre BDS France qui  « appelle tous les hommes, en France et partout dans le monde, à appliquer la décision du peuple palestinien : promouvoir la campagne de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions contre l'état d'Israël jusqu'à ce qu'il respecte le droit international et les principes universels des droits de l'homme ».
 
« Promouvoir le BDS est non seulement le droit mais le devoir moral de tout citoyen qui a une conscience et qui défend les droits et la dignité des peuples ».
 
Traduction : Dominique Muselet
 
https://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/france-now-more-repressive-boycott-calls-israel
 

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Incroyable ! Quelque chose de vraiment neuf se passe au Canada, depuis l’arrivée de la nouvelle équipe de Justin Trudeau au pouvoir. La vidéo ci-dessous a été diffusée cette semaine au Québec, ce qui eut été inimaginable du temps de Harper. Vous n’aurez aucune chance de voir un tel film sur les grandes chaines TV françaises. Pour pouvoir le faire un jour, il faudra d’abord repérer un jeune Trudeau parmi la classe politique française. Et il y en a. Ils sont juste soigneusement cachés derrière les ténors qui font écran pour que vous ne les voyiez pas, et eux, n’ont peut-être pas un père Trudeau qui leur eût permis de briser le barrage et de sortir de l’ombre en force.

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Sous-produit du colonialisme occidental, Israël ne devrait pas exister
L’établissement d’un État sioniste au milieu du monde arabe pour des migrants juifs arrivant d’Europe n’a été possible que grâce à l’aide des puissances impérialistes occidentales dont les USA, la Grande-Bretagne et le Canada, écrit Garry Leech.
Je ne deviens pas antisémite en suggérant que l’État d’Israël ne devrait pas exister. Je suis cependant antisioniste. Il existe une nette différence. Un antisémite est quelqu’un qui a des préjugés contre les juifs. Un antisioniste est opposé à l’établissement, par une certaine catégorie de la population juive, par droit divin, d’un État juif en Terre Sainte, aux dépens du peuple palestinien qui y vit depuis deux mille ans.
La création d’un État juif au milieu du monde arabe ne représente pas seulement la continuation du colonialisme européen en Palestine, elle consiste aussi en un nettoyage ethnique des Palestiniens. C’est aussi, la mise en place d’un système d’apartheid par un état voyou qui a violé la loi internationale de nombreuses fois.
Compte tenu de cette réalité et du fait que la Palestine est la Terre Sainte de trois religions, la solution unique et juste, face au projet sioniste israélien et à ses sponsors occidentaux, est l’établissement d’un seul pays : l’État démocratique et laïc de Palestine dans lequel les trois populations religieuses auraient les mêmes droits.
La montée du mouvement sioniste
Le mouvement sioniste a émergé en Europe vers la fin du dix-neuvième siècle, ce mouvement a encouragé les juifs européens à fuir l’antisémitisme en émigrant vers la Palestine, gouvernée alors par les Turcs Ottomans, leur objectif était la création d’un État juif en Terre Sainte.
Cette émigration a conduit à un accroissement de la population juive en Palestine dont le taux est passé de 4 % en 1850 à 11 % en 1917, année de la déclaration Balfour du gouvernement britannique disant : « le gouvernement de sa majesté est favorable à l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif ».
Suite à la défaite de l’Empire Ottoman durant la Première Guerre mondiale, le gouvernement des pays de la région a été pris par la Grande-Bretagne et la France sous mandats de la Ligue des Nations (prédécesseur de l’Organisation des Nations Unies). Cependant, la Seconde Guerre mondiale a entraîné la chute des empires européens car des colonies à travers le monde ont obtenu leur indépendance. Le Liban (1943) et la Syrie (1946) sont ainsi devenues indépendants de la France alors que la Jordanie (1946) a été littéralement libérée de la domination britannique. Seule exception la Palestine, sous domination britannique depuis 1922.
La Palestine tout comme ses voisins aurait dû devenir une nation indépendante après la Seconde Guerre mondiale, mais le projet sioniste soutenu par l’Occident l’en a empêché.
Conformément à la déclaration de Balfour, la Grande Bretagne et les États-Unis ont cherché à assurer la création d’un État juif en Palestine. Sous la domination britannique, la population juive en Palestine est passée de 11 % en 1922 à 32 % en 1948, un grand nombre étant arrivé après la guerre.
En 1947, l’Organisation des Nations Unies nouvellement créée a adopté le plan de partage de la Palestine sans aucune consultation du peuple palestinien. Le plan prévoyait qu’un État juif se constitue sur 56 % de la Palestine avec 43 % des Territoires constituant l’État palestinien. Malgré une large majorité arabe en Palestine, la part israélienne du territoire était plus grande afin de permettre l’augmentation anticipée du flux migratoire des juifs européens. Le 1% restant en Palestine, composé par la ville sainte de Jérusalem devait rester un territoire international administré par l’Organisation des Nations Unies.
Des groupes juifs ont soutenu le plan de partition de la Palestine mais les Palestiniens et les États arabes voisins s’y sont opposés au motif qu’il violait les principes de l’autodétermination nationale selon la Charte des Nations Unies, en vertu de laquelle les Palestiniens devraient avoir le droit de décider de leur propre destin. Le plan n’a pas été mis en place. Néanmoins, la population juive en Palestine a unilatéralement annoncé la création de l’État d’Israël le 14 mai 1948.
Le nouveau colonialisme européen
Selon l’historien israélien Ilan Pappe, vers la fin de 1949, Israël avait détruit plus de 400 villages palestiniens, massacré des milliers de civils et déplacé par la force près d’un million de Palestiniens, qui se sont retrouvés dans des camps de réfugies dans les pays arabes voisins.
En d’autres termes, selon Pappe, les sionistes ont commis un nettoyage ethnique du peuple palestinien avec un peuple juif qui venait juste d’endurer les horreurs de l’Holocauste.
Le nettoyage ethnique a permis à Israël de s’étendre et d’englober 77 % du territoire palestinien, à l’exclusion de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.
Trois ans plus tard, 700 000 Juifs ont immigré en Palestine occupée, principalement depuis l’Europe. Cette colonisation juive de la Palestine représentait la continuation du colonialisme européen puisque l’exercice du pouvoir sur le peuple palestinien est passé des mains du gouvernement britannique à celles des Juifs d’Europe sous la forme du nouvel État israélien.
Après la guerre de 1967 contre plusieurs États arabes (Syrie, Jordanie et Égypte), l’armée israélienne a occupé les 23 % restant de la Palestine (Jérusalem-Est, la Cisjordanie et la bande de Gaza). Le Conseil de sécurité des Nations Unies a alors réagi en adoptant la résolution 242 demandant le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit ». Depuis, les USA ont utilisé 41 fois leur droit de veto au Conseil de sécurité afin de s’assurer que les nombreuses résolutions de l’ONU, condamnant l’occupation illégale israélienne, ne soient jamais appliquées.
Ce n’est qu’après que les Palestiniens aient été contraints d’exister sous occupation militaire israélienne illégale, suite à la guerre de 1967, que l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a décidé de faire de la lutte armée, la pièce maîtresse de sa campagne visant à obtenir un État palestinien. Et ce n’est qu’après vingt ans d’occupation militaire oppressive et le refus de la communauté internationale d’appliquer les résolutions de l’ONU qu’une part de la société palestinienne s’est de plus en plus radicalisée, et que le mouvement islamique Hamas a été créé.
Le Hamas a commencé à utiliser les attentats suicides en tant que tactique au début des années 1990 parce qu’il ne pouvait lutter par une guerre conventionnelle contre l’armée israélienne largement supérieure et soutenue par les USA. À partir de 2001, il a commencé également à lancer des roquettes primitives et inefficaces contre Israël à partir de ses fiefs dans la bande de Gaza.
Même si Israël a retiré ses forces militaires de la bande de Gaza en 2005, l’année suivante, un blocus militaire a été mis en place par les Israéliens contre ce minuscule territoire ; par ce blocus, Israël contrôle strictement tous les accès, que ceux-ci concernent les personnes, la nourriture, les médicaments ou encore les matériaux. Certains analystes affirment que le blocus israélien contre les 1.8 millions d’habitants de Gaza a créé le camp de prisonniers le plus grand du monde.
Pendant ce temps, Israël a non seulement continué son occupation illégale de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, mais il a aussi violé le droit international en déplaçant de force des communautés palestiniennes et en encourageant les Juifs à s’installer dans les Territoires Occupés. On estime aujourd’hui que près d’un demi-million de Juifs vivent dans des colonies illégales en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, malgré les résolutions des Nations Unies exigeant que ces colonies soient démantelées.
Israël a également construit un mur géant connu sous le nom de barrière de séparation en Cisjordanie afin de séparer les colonies illégales des communautés palestiniennes et restreindre les déplacements de ces dernières. En attendant, en plus de l’établissement de colonies illégales, Israël a aussi bâti des zones industrielles en Cisjordanie où les travailleurs palestiniens sont contraints de travailler dans de mauvaises conditions pour de bas salaires.
La différence flagrante dans la question des droits accordés aux colons juifs en comparaison avec ceux concédés aux Palestiniens vivant dans les Territoires Occupés, constitue un système d’apartheid. Comme l’a noté John Dugard, avocat des droits humains sud-africain et ancien rapporteur spécial des Nations Unies : « Je dis sans hésitation que les crimes israéliens sont infiniment pires que ceux commis par le régime apartheid d’Afrique du Sud ».
En 1947, une année avant qu’Israël se soit déclaré État souverain, les Palestiniens vivaient dans 94 % de la Palestine. Aujourd’hui, ils n’occupent que 15 %, avec 5 millions d’individus vivant dans des camps de réfugiés en Cisjordanie et dans les pays voisins. Les densités des populations dans les camps de réfugiés palestiniens sont parmi les plus élevées de la planète. Par exemple, plus de 10 000 réfugies vivent dans un kilomètre carré dans le camp d’Al-Amari en Cisjordanie, ce qui correspond à 5 fois la densité de la population vivant à New York City. Un réfugié de la troisième génération m’a dit : « Nous rêvons de retourner dans nos terres. Nous ne savons pas combien de temps ça prendra et quelle génération réalisera ce rêve ».
Le nombre disproportionné de Palestiniens tués dans ce long conflit est une réalité cachée à beaucoup en Occident. Au cours des 15 dernières années, selon l’organisation des droits humains israélienne B’Tselem, 8701 palestiniens ont été tués par les Israéliens alors que 1138 israéliens ont été tués. La disparité dans le nombre d’enfants palestiniens tués est encore plus grande, avec un total de 1772 enfants tués au cours de cette période comparativement à 93 enfants israéliens.
Compte tenu de cette vérité, les allégations répétées par les États-Unis et d’autres nations occidentales que les actions militaires israéliennes ne sont que des actes d’auto-défense sont en contradiction avec la réalité sur le terrain. Incontestablement, il s’agit de violence que l’on devrait considérer comme un acte de légitime défense, de la part de personnes forcées de vivre sous une violente occupation militaire illégale et sous un blocus. Après tout, la Résistance française face à l’occupation nazie pendant la Seconde Guerre mondiale est perçue comme une lutte héroïque pour la libération nationale. À l’opposé, les résistants palestiniens sont étiquetés « terroristes ».
Malgré les grands efforts des États-Unis, des autres gouvernements occidentaux et des grands médias pour dépeindre Israël comme la victime dans ce conflit, les chiffres ne mentent pas sur l’évidence de qui commet le plus de massacres et de morts. Le fait qu’un peuple forcé de vivre sous une occupation étrangère militaire et illégale soit dépeint comme l’agresseur constitue un superbe exemple du double langage orwellien.
Collaborer avec les colonisateurs
Cette violente expansion du contrôle israélien sur l’ensemble de la Palestine réalise le rêve sioniste européen initié à la fin du dix-neuvième siècle. Malheureusement, au cours des deux dernières décennies, certains dirigeants palestiniens ont été les complices de ce projet sioniste. Le processus de paix d’Oslo dans les années 1990 a vu l’OLP reconnaître l’État d’Israël et en retour, Israël a permis aux Palestiniens une auto-gouvernance limitée dans certaines parties de la Cisjordanie et de Gaza. Cependant, le soi-disant processus de paix a laissé en attente la question cruciale du « droit de retour » des réfugiés palestiniens.
Les premières élections parlementaires palestiniennes conformément aux Accords d’Oslo ont eu lieu en 1996, elles ont été remportées par le Fatah, parti politique de l’OLP, qui a alors dirigé le nouveau gouvernement de l’Autorité Palestinienne. Cette dernière a commencé à recevoir une aide importante de la part des gouvernements occidentaux. En retour, l’Autorité Palestinienne a surveillé la population palestinienne pour le compte d’Israël dans les zones des Territoires Occupés qu’elle gouvernait. En d’autres termes, de la même manière que les administrateurs et la police indiens ont supervisé l’administration au jour le jour de l’Inde coloniale au nom des colonisateurs britanniques, l’Autorité Palestinienne a servi les colonisateurs israéliens dans les Territoires Occupés contre l’aide occidentale et la présence réduite de l’armée israélienne.
La perfusion d’aide étrangère, en particulier le financement par l’Agence américaine pour le développement international (USAID), est destinée à parvenir à une « paix économique » en permettant à certaines catégories de la population palestinienne d’atteindre un certain confort matériel. Tout ceci, sans remettre en cause l’occupation israélienne ni l’expansion continue des colonies juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, qui violent les accords d’Oslo et le droit international. Se référant à la longue durée des pourparlers de paix souvent bloqués, Dugard, l’ancien rapporteur spécial de l’ONU a récemment déclaré : « Je pense que la stratégie d’Israël et aussi des États-Unis est tout simplement de permettre des discussions continuelles pendant qu’Israël annexe de plus en plus de terres et récupère des parties des Territoires Occupés »
Pendant ce temps, le modèle économique émergeant en Cisjordanie n’est pas viable car il est presque entièrement dépendant de l’aide étrangère et des ONG internationales. En outre, les avantages du modèle économique sont largement limités à Ramallah, le siège du gouvernement de l’Autorité Palestinienne, créant ainsi ce qu’on appelle en Cisjordanie la « bulle Ramallah ».
Comme l’explique le Dr Hanan Chehata, professeur de droit et ancienne correspondante pour Middle East Monitor,
… Tandis que ceux de Ramallah peuvent voyager à travers cette petite ville relativement sans entrave, les Palestiniens sont soumis dans le reste de la région, à l’humiliation quotidienne aux barrages routiers israéliens et aux postes de contrôle militaires ; ils doivent aussi supporter des arrestations arbitraires et des interrogatoires injustifiés menant souvent à la torture et parfois à la mort. Alors que les résidents de Ramallah peuvent aller travailler dans la journée, dans une raisonnable sécurité, en sachant qu’ils vont rentrer chez eux le soir pour retrouver un repas chaud et le repos parmi les membres de leurs familles, d’autres Palestiniens quittent leurs maisons ne sachant pas si celles-ci seront toujours debout quand ils rentreront ou si elles seront démolies par les bulldozers Caterpillar israéliens afin de faire place à de nouvelles colonies israéliennes.
En d’autres termes, si l’Autorité palestinienne et ses partisans coopèrent avec les colonisateurs israéliens, ils recevront des récompenses économiques et la brutalité excessive exercée par l’armée israélienne leur sera épargnée. Mais ceux qui persistent à résister activement, les colonisateurs leur infligeront la pleine force de l’agression. C’est sans surprise, qu’aux yeux de beaucoup de Palestiniens, l’Autorité Palestinienne est vendue aux colonisateurs par collusion avec l’occupant et les États-Unis afin de parvenir à la « paix économique » au détriment de la libération nationale.
Le mécontentement croissant contre l’Autorité Palestinienne est devenu évident lors des élections générales de 2006 quand le Fatah a été battu par le Hamas. Après l’élection, le Fatah a refusé de céder le pouvoir en Cisjordanie et, avec le soutien d’Israël et des pays occidentaux, il a continué à gouverner pendant les neuf dernières années en tant que gouvernement non élu, pendant que le Hamas gouverne Gaza.
Le seul endroit où les élections ont été autorisées se trouve dans les universités, ces dernières étant considérées comme un baromètre qui reflète les vues politiques d’un large éventail de la population palestinienne. Lors des élections du Conseil des étudiants à l’université de Birzeit à Ramallah le mois dernier, le bloc islamique Wafaa affilié au Hamas a vaincu le parti des étudiants du Fatah, remportant la majorité des sièges. Nadine Suleiman, une étudiante de quatrième année en administration publique, a expliqué pourquoi elle a voté pour le Hamas : « Je déteste la corruption de l’AP [Autorité Palestinienne], leur coordination sécuritaire avec Israël implique l’arrestation et l’assassinat des Palestiniens qui sont sur la liste israélienne des personnes recherchées alors que les Palestiniens n’ont rien en retour. L’AP est intéressée uniquement à garder sa richesse et ses privilèges ».
L’Autorité Palestinienne financée par les forces de sécurité des États-Unis a rapidement réagi, suite aux résultats des élections de l’Université de Birzeit, en arrêtant quatre étudiants appartenant au parti vainqueur, pour les interroger et les maltraiter. Au total, 25 étudiants dans toute la Cisjordanie ont été arrêtés et les élections prévues à l’université nationale An-Najah et à l’université d’Hébron ont été reportées. Selon Human Rights Watch, « Il est profondément inquiétant que les étudiants soient détenus par les forces palestiniennes sans aucune autre raison que leur lien avec le Hamas ou leurs opinions ».
Ainsi, alors que sur la scène internationale l’Autorité palestinienne a défié Israël en gagnant son adhésion à la Cour Pénale Internationale (CPI), sur le terrain en Cisjordanie, elle arrête régulièrement, interroge, emprisonne et torture les Palestiniens qui sont considérés comme sympathisants du Hamas ou qui combattent l’occupation israélienne dans leur quête pour la libération. Vu son incapacité à mettre en place de nouvelles élections, sa corruption à l’égard de l’aide étrangère et sa collusion avec l’occupation israélienne illégale, de nombreux Palestiniens ne considèrent plus le gouvernement de l’Autorité Palestinienne comme légitime.
En revanche, le Hamas est considéré par beaucoup de Palestiniens comme résistant activement à Israël, et cette perception – quant à son manque relatif de corruption – est à la base de son soutien populaire. Cette résistance a aussi conduit Israël à lancer trois grandes opérations militaires contre la bande de Gaza au cours des sept dernières années (2008, 2012 et 2014). Selon les Nations Unies, les sept semaines de l’invasion de la bande de Gaza l’an dernier par l’armée israélienne ont entraîné la mort de 2025 Palestiniens, parmi eux 1483 civils dont 521 étaient des enfants. Du côté israélien, il y eut 71 morts, dont 66 étaient des soldats. D’autre part, plus d’un demi-million de Palestiniens ont été déplacés de force de leurs maisons.
La solution à un seul État
L’Autorité Palestinienne a accepté la solution à deux États, proposée dans le cadre du processus de paix d’Oslo. L’idée de base étant que la Cisjordanie et la bande de Gaza constitueraient un État palestinien (ce qui correspond à seulement 23 % de la Palestine), le reste constituant Israël. Mais le choix de l’Autorité Palestinienne d’une solution à deux États est en contradiction avec les souhaits de la majorité des Palestiniens. Selon un sondage réalisé l’année dernière, 60 % des Palestiniens croyaient en une solution à un seul État, tandis que seulement 27 % appuyaient l’option des deux États.
La solution à deux États que vantent constamment les États-Unis et d’autres nations occidentales, et soutenue par l’Autorité Palestinienne, est complètement éloignée de la réalité de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Selon Tariq Dana, professeur à l’Université de Birzeit à Ramallah : « Une solution à deux États n’est pas possible. Elle ne serait pas viable compte tenu de la réalité sur le terrain ».
La réalité à laquelle se réfère Dana est l’expansion illégale et continuelle des colonies juives, constituant aujourd’hui le foyer de presque un demi-million de juifs. Les colonies couvrent aujourd’hui plus de 40 % de la Cisjordanie, dominant les meilleures terres agricoles avec un accès à l’alimentation principale en eau de la région. Comme l’a admis Daniella Weiss, l’ancien maire sioniste d’une colonie juive de Cisjordanie quelques années plus tôt : « De toute évidence, toute solution à deux États qui donnerait lieu à un État palestinien viable exigerait le démantèlement de ces colonies et le retrait des colons de ce que les sionistes considèrent comme leur terre sainte ».
Loin du démantèlement des colonies, la politique d’Israël vise au contraire à les enraciner. Avec sa construction de la barrière de séparation, le gouvernement israélien cherche à annexer les colonies à l’État israélien, ce qui laisserait les Palestiniens avec 3 petits fragments non reliés de terre aride et rocailleuse, manquant d’approvisionnement en eau. Un tel résultat ne peut pas constituer un État palestinien viable.
Beaucoup de Palestiniens appuient l’idée de la création d’un seul État de Palestine dans lequel arabes et juifs auraient des droits égaux. Le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), le second membre le plus important de l’OLP après le Fatah et considéré comme un groupe terroriste par les USA, le Canada et l’Union Européenne parce qu’il prône la lutte armée, s’oppose à la fois au gouvernement de l’Autorité Palestinienne et à la solution à deux États. Selon le FPLP,
Le mouvement de libération palestinien n’est pas un mouvement racial aux intentions agressives contre les juifs. Il n’est pas dirigé contre les juifs ... le but de ce mouvement est l’établissement d’un État national démocratique en Palestine dans lequel les arabes comme les juifs vivront en tant que citoyens égaux en droits et en obligations, lequel État constituera une partie intégrante de la présence nationale arabe progressiste et démocratique pour vivre en paix avec toutes les forces progressistes dans le monde.
Le Hamas considère aussi la solution à un État comme la seule réponse possible, un État islamique dans lequel les droits des juif seront protégés. Mais la création d’une Palestine islamique ne ferait que remplacer un État religieux (Israël) par un autre. Attendu que la Palestine est une terre sacrée pour trois religion (Islam, Judaïsme et Christianisme) et le fait qu’une partie importante de la population palestinienne soutient un État laïc, la solution à ce conflit qui semble insoluble serait de remplacer l’État sioniste par une démocratie laïque dans laquelle tous les citoyens – juifs, chrétiens et musulmans – auront les mêmes droits et les mêmes responsabilités.
Conclusion
L’établissement d’un État sioniste au milieu du monde arabe pour des migrants juifs arrivant d’Europe n’a été possible que grâce à l’aide des puissances impérialistes occidentales dont les USA, la Grande-Bretagne et le Canada. L’existence d’Israël et l’expansion continue des colonies juives en Cisjordanie et dans Jérusalem-Est constituent la continuation du colonialisme européen au vingt-et-unième siècle aux dépens du peuple palestinien qui vit sur sa terre depuis deux mille ans
Compte tenu de cette réalité, l’État juif d’Israël doit être considéré à la fois illégitime et une conséquence catastrophique de l’impérialisme occidental. La seule solution juste à ce conflit bien enraciné, est de permettre aux Palestiniens d’établir enfin cet État indépendant qu’ils auraient obtenu après la Seconde Guerre mondiale et de permettre le retour de tous les réfugiés. En d’autres termes, un seul État palestinien, laïc dans lequel juifs, chrétiens et musulmans partageront tous les mêmes droits. Une telle solution à un État n’est pas antisémite, elle est logique.
* Garry Leech est un journaliste indépendant et l’auteur de nombreux livres dont Capitalism : A Structural Genocide (Zed Books, 2012) ; Beyond Bogota : Diary of a Drug War Journalist in Colombia (Beacon Press, 2009) ; et Crude Interventions : The United States Oil and the New World Disorder (Zed Books, 2006). ). Il est aussi chargé de cours au Départment des Sciences Politiques à l’université de Cap Breton au Canada.
 
 
 
19 mai 2015 - CounterPunch - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.counterpunch.org/2015/05...
Traduction : Info-Palestine.eu - Lalla Fadhma N’Soumer

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Voici une vidéo d’une jeep de l’armée israélienne en train de terroriser la population de Béthléem en circulant jeudi dans les rues du camp de réfugiés d’Aïda, et en annonçant au haut parleur : "Nous sommes l’armée d’occupation (sic) et nous allons vous gazer, tant que vous nous jetterez des pierres, jusqu’à ce que vous mouriez tous autant que vous êtes, jeunes, enfants, vieillards. Vous allez tous mourir ! »
"L’armée israélienne essaie de pousser la population entière à faire pression sur les jeunes pour qu’ils arrêtent de protester, ce qui leur éviterait de jouer au chat et à la souris avec les jeunes manifestants comme ils sont obligés de le faire tous les jours depuis le 2 octobre", explique Mohammed al-Azza, journaliste indépendant du camp de réfugiés d’Aida, qui était dans les rues en train de prendre des photos pendant le raid de jeudi sur le camp.
« Mais c’est la première fois que nous les entendons eux—mêmes dire « Nous sommes l’occupation. »
« Mais ce qui est vraiment effrayant, c’est qu’ils ne se contentent pas de le dire, ils veulent vraiment tuer les habitants du camp », souligne Akkram Huessni qui portait un masque à Gaza et aidait les habitants du camp d’Aïda à s’enfuir quand les soldats se sont mis à parler dans le haut-parleur.
Il raconte que lui-même avec un groupe d’amis ont sauvé jeudi des dizaines de personnes qui étaient piégées dans des nuages ​​de gaz. À certains moments, tout ce qu’il pouvait voir, autour de lui, c’était du blanc, dit-il.
« Aujourd’hui, ajoute-t-il, c’est le premier jour où nous avons vraiment compris qu’il nous fallait nous organiser pour avoir des gens sur le terrain dans chaque quartier du camp pour s’assurer que tout le monde est en sécurité. Ils lançaient du gaz directement à l’intérieur des maisons. Un bébé de deux mois a été atteint par le gaz, il est à l’hôpital maintenant avec ses parents ».
Information publiée par Info-Palestine.eu Témoignages complets et photos sur le site :
http://www.info-palestine.eu/spip.php?article15695
CAPJPO-EuroPalestine

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